La déchéance de nationalité adoptée à une courte majorité
La déchéance de nationalité adoptée à une courte majorité © MaxPPP / Thomas Padilla

Acte 1 : Révision de la Constitution.

Acte 2 : Remaniement ministériel.

Acte 3 : Le Président s’invite à la télé.

Passons sur ce dernier acte, c’est un "classique médiatique" de la Vème République : le chef de l’Etat dans la petite lucarne, tant qu’à faire la Une et la Deux… en même temps !

Attardons-nous, en revanche, sur le traitement journalistique des deux séquences précédentes.

Premier flash-back : le remaniement.

Et là,… bonne surprise : les reportages de spéculation ont été… peu nombreux !

Quelques rumeurs plus ou moins fondées sur Nicolas Hulot ou Martine Aubry…

Un petit emballement sur les réseaux sociaux hier à la mi-journée.

Mais globalement, la presse, pour une fois, a renoncé à son sport favori en pareille circonstance : jouer les cartomanciennes.

Céder à l’ivresse de laisser croire que l’on sait avant tout le monde.

Vanité et vacuité.

A minima, on tue des arbres, à force d’imprimer des articles sur des rumeurs. Et dans le pire des cas, on est l’instrument de manœuvres politiques qui nous échappent.

Est-ce à dire que les médias ont renoncé à la boule de cristal ?

Pas sûr !

En l’occurrence, le pari turfiste n’a pas pris, pour d’autres raisons :

  • la lassitude de la presse est immense, sur ce quinquennat usé,

  • et surtout il n’y avait pas la place parce qu’un autre sujet politique remplissait les colonnes…

    C’est le débat sur la révision constitutionnelle…

Les sièges vides de l’Assemblée

2ème flash back.

Lundi : adoption de l’article sur la déchéance de nationalité, cette déchéance tant montée en épingle par les médias comme par la classe politique. Mais adoption en présence de seulement 136 députés sur 577.

Dans la foulée, haro médiatique: « une honte », « une lâcheté », « une indignité », etc.

Tweets ravageurs, éditos assassins.

La palme revient au Petit Journal de Canal + qui, fidèle à ses antiennes, a poursuivi les députés dans les couloirs de l’Assemblée sur cet « absentéisme scandaleux ».

Le journaliste en vengeur ironique et indigné, défenseur du peuple trahi par ses élites.

Et là, on peut se demander si on ne bascule pas dans la facilité démagogique.

Certes, il ne fait guère de doute que certains députés, embarrassés, ont fui le vote.

Mais en réalité, le lundi, les députés sont pour la plupart, dans leur circonscription, auprès des citoyens.

Et s’ils n’y sont pas, on le leur reproche, à juste titre.

Qui plus est, les débats par articles rassemblent rarement plus de 100 députés. Lundi, il y avait donc… foule.

Et les échanges ont été de bonne tenue sur le fond.

Enfin, mercredi, lors du vote solennel du texte, l’Assemblée, pour le coup, affichait… complet.

Allez une idée, comme ça : et si on reléguait dans le même placard les pseudo indignations populistes et les boules de cristal ?

On peut toujours rêver…

L'équipe
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.