Emmanuel Macron sur France Inter
Emmanuel Macron sur France Inter © MaxPPP

Aujourd’hui…

  • Une du Monde : « La start up Macron »…

  • Une de Marianne : « Moi, président, Emmanuel Macron »…

    Avant-hier…

  • Une du Figaro : « Macron brise un nouveau tabou ».

  • Edito de l’Express : « Macron président ! »

Ajoutons à ce paysage…

2h d’invitation mardi dans la matinale d’une radio généraliste, Europe 1, une amplitude horaire d’ordinaire réservée à un… président de la République,

  • La Une de L’Obs il y a 2 semaines,

  • Deux biographies en préparation, signées de deux journalistes…

N’en jetez plus !

Le ministre de l’Economie est la nouvelle coqueluche de toute une partie de la presse.

Emmanuel Macron « coche » toute une série de cases

Autant de cases, qui déclenchent ce déluge éditorial.

D’abord il a l’attrait du nouveau, essentiel pour la presse. Une nouveauté renforcée… par sa jeunesse, 37 ans.

Par son côté calme et apaisant, qui tranche avec les postures d’autorité très à la mode aujourd’hui.

Et surtout, bien sûr, par sa position iconoclaste : ce n’est pas un élu (un atout à l’heure où la politique est désavouée), et il étrille systématiquement les codes de la gauche.

Ensuite, il coche la case « people ».

Il est télégénique et séduisant.

Et sa vie est un roman, avec en point d’orgue son mariage avec son ancienne prof de français, de plus de 20 ans son aînée.

Il possède aussi les réseaux.

  • Sa promotion de l’ENA, parmi laquelle figure Gaspard Gantzer, l’homme de la communication de François Hollande…

  • Ses contacts noués au sein de la Banque Rotschild, ou dans la commission Attali.

  • Sans compter son équipe de comm’ à lui, pilotée par un jeune homme de 28 ans venu de l’agence… Havas, Ismaël Emelien.

    Autant de réseaux auxquels sont sensibles bon nombre de dirigeants de presse.

Enfin, il incarne un nouveau duel, l’un de ces face-à-face dont les médias raffolent : en l’occurrence avec le précédent « jeune premier », Manuel Valls.

Ne pas « rater le coche »

Oui, comme l’expliquait Thomas Legrand ici même hier matin, le sentiment se répand, que nous sommes à la veille d’une vaste recomposition du paysage politique.

Face à la figure extrémiste et autoritaire de Marine Le Pen, les médias cherchent donc plus ou moins consciemment une alternative, une autre figure montante, mais différente, ayant une image cool, libérale et centriste : Emmanuel Macron, bingo !

Du coup, mimétisme aidant, le ministre de l’Economie se met à faire la Une partout. Avec un effet performatif : plus on en parle, plus il semble légitime, et donc plus on en parle, et ainsi de suite.

Cette ascension rappelle celle le Tony Blair des débuts, il y a 20 ans.

Chef de parti à 40 ans, premier ministre à 43.

Mais Tony Blair avait aussi un programme politique, notamment sur les questions de société.

C’est ce qu’Emmanuel Macron devra trouver s’il a l’ambition d’être davantage qu’un feu de paille médiatique.

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