La question surprend après l'attentat d'Orlando et le double assassinat de Magnanville. Le terrorisme n'est évidemment pas en recul. Mais son traitement médiatique l'est.

Cette phrase peut sembler provocatrice, à l’issue d’une semaine marquée par le massacre d’Orlando en Floride, et par l’assassinat du couple de policiers français à Magnanville.

Provocatrice, en particulier, pour les victimes et leurs familles.

Mais le meilleur instrument du terrorisme, ce n’est pas l’attentat en lui-même, c’est sa résonance médiatique.

Raison pour laquelle la presse occupe une position délicate : elle doit décrire la barbarie, mais, ce faisant, elle fait le jeu de ceux qui veulent semer la terreur.

Or la semaine écoulée est révélatrice d’une sorte de « reflux médiatique ».

Il y a peu, la tuerie d’Orlando combinée au meurtre de Magnanville auraient déclenché des éditions spéciales et occupé la Une pendant plusieurs jours.

Pas cette fois ! Des gros titres, des ouvertures de journaux, au début…

Mais rapidement les deux sujets ont reflué dans la hiérarchie de l’actualité.

Le terrorisme est donc bien là. Parmi nous. Mais son traitement médiatique est peut-être en train d’évoluer.

Une censure nécessaire

Il y a plusieurs explications à ce "recul".

La première, c’est la concurrence d’autres sujets : le Brexit, les manifestations contre la loi travail, et surtout… le football

Avec ses buts, ses hooligans et ses bras d’honneur… !

Exemple : 3 à 5 sujets successifs en ouverture des JT de 13h hier.

Comme une envie d’autre chose…

Deuxième raison : plus il y a d’actes terroristes, plus ils se banalisent, y compris dans le traitement médiatique.

Ils se mettent à « faire partie du paysage ».

Comme c’est le cas au Proche et au Moyen-Orient.

Comme ce fut le cas, aussi, en Europe pendant des siècles : notre Histoire est sfaite de violence, les 50 dernières années sont « hors norme »…

Troisième paramètre, un choix : ne plus relayer la propagande des extrémistes.

Il y a peu, les vidéos des djihadistes étaient en partie diffusées par certains médias.

C’est fini.

A l’exception de 2 organes de presse obnubilés, l’un par le people (Closer) l’autre par l’idéologie (Valeurs Actuelles)…

Aucun média français n’a diffusé les propos exacts de Larossi Aballa, dans sa vidéo filmée à Magnanville.

Les appels au meurtre sont censurés. Tant mieux.

Frankenstein et Ponce Pilate

Mais les terroristes conservent un atout maître dans leur stratégie médiatique…

Ce sont… les réseaux sociaux !

A Orlando comme à Magnanville, même méthode : le meurtrier se filme et poste en direct sur Internet la revendication de son geste.

L’organisation Etat Islamique pousse depuis peu ses militants à procéder ainsi : la méthode est efficace, et passe outre le filtre journalistique des médias traditionnels.

Les réseaux sociaux, a fortiori avec leurs nouvelles applications en direct, comme Periscope ou Facebook Live, ont créé, comme le Dr Frankenstein, un « monstre » incontrôlable.

Et ces entreprises affirment ne rien pouvoir faire pour éviter la propagande terroriste.

Frankenstein, et en plus, Ponce Pilate !

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