Avec l'annonce de sa candidature à la présidentielle, Emmanuel Macron a bénéficié d'une énorme couverture médiatique. Sa télégénie et sa "nouveauté" n'expliquent pas tout.

Déplacement d'Emmanuel Macron à Marseille
Déplacement d'Emmanuel Macron à Marseille © AFP / BERTRAND LANGLOIS

Une du Monde, du Figaro, de Libération, du Parisien, de l’Opinion, de toutes les radios… La moitié, soit 18’, du JT de 20h de France 2, deux soirs de suite, mardi et mercredi…

Emmanuel Macron, à l’occasion de sa candidature à l’Elysée, a fait un… tabac dans les médias. En réalité, ça fait plus d’un an que ça dure et le phénomène, loin de s’estomper, s’accentue…

Pourquoi ?

D’abord, on l’a déjà dit ici, parce que l’homme a… « l’attrait du neuf ». C’est lié à son âge, 38 ans. Et c’est lié à son positionnement politique, un peu inclassable. Et puis son choix de se porter candidat cette semaine, était… habile : la lassitude gagne sur la primaire LR, et cela donnait donc l’occasion aux médias de… changer de sujet…

Ensuite, Emmanuel Macron coche la case… « image »… Il est télégénique, courtois, et assertif. Avec ce petit côté perso hédoniste qui colle assez bien à l’époque. Sans oublier le people : il fait juste ce qu’il faut, avec son épouse Brigitte, pour faire la Une de Paris Match tous les 3 mois.

Contre le "système"

Il y a une autre clé, c’est le discours « anti système »… Le « système » : mot valise et symbolique : un fourre-tout censé regrouper des élites qui décideraient de la marche du monde. Or que dit Emmanuel Macron ?

Il martèle : «Je refuse le système », je suis « hors partis ». Et c’est là où il rencontre l’intérêt de la presse.

Les journalistes, conscients du fait que ce prétendu « système » agit comme un repoussoir pour un corps électoral désabusé, sont désireux de relayer cette critique pour mieux renouer avec leurs lecteurs. Pourquoi, alors, ne pas relayer avec la même gourmandise les propos de Marine Le Pen ou de Jean-Luc Mélenchon qui tous deux se revendiquent aussi « anti-système » ?

Pour deux raisons : l’offre politique de ces deux candidats est plus radicale et clivante. La valoriser, pour un média, c’est donc prendre le risque de se couper d’une partie de son auditoire; Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon sont très critiques, voire agressifs avec les journalistes. Emmanuel Macron, c’est tout l’inverse. Il y a donc un effet « empathie ».

Mais il y a un hic ! Deux en fait ! D’abord, Emmanuel Macron, entre ENA et banque Rotschild, c’est quand même peu crédible, comme incarnation de « l’anti-système ». Ensuite la presse elle-même est largement discréditée et assimilée au « système », à tort ou à raison.

La bienveillance médiatique dont bénéficie Emmanuel Macron pourrait donc se transformer en cadeau empoisonné… Tant cette bénédiction est, aux yeux d’une grande partie du corps électoral, … non pas un vertueux Sésame, mais un défaut rédhibitoire !

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