Si la victoire d'Armel Le Cléach' dans le Vendée Globe fait la Une, c'est parce que les éléments mythologiques sont omniprésents dans cette compétition si particulière.

Une grande « vague » médiatique… La victoire d’Armel Le Cléach dans le Vendée Globe a fait la Une de quasiment toute la presse française hier.

A première vue, on peut juger l’événement… dérisoire. On a le droit de s’étonner que les médias, France Inter y compris, y accordent une telle importance… Alors qu’au même moment…, Donald Trump accède au pouvoir, le PS organise sa primaire et la France est plongée dans le grand froid.

Les explications relèvent pour l’essentiel du symbole et du mythe. D’abord, il y a la beauté des images. Météo froide et temps clair. Le soleil pour le franchissement de la ligne d’arrivée. Puis les fumigènes dans la nuit à l'heure du JT. Du grand spectacle.

Spectaculaire… et pur ! C’est l’image de la mer. Indomptable et écologique à la fois. "Homme libre, toujours tu chériras la mer".

Et puis le retour… à terre. C’est le principe, fascinant là encore, de la circumnavigation. Le tour du Monde pour revenir à son port d’attache.

Le poids mythologique est très fort.

Ensuite, il y a la symbolique du père de famille, héros simple et positif. Celui qui a terminé par 2 fois à la 2ème place finit par l’emporter. Et il en pleure d’émotion. Incarnation d’une valeur consensuelle : la persévérance et le travail sont récompensés.

Enfin il y a un contraste saisissant : le long effort en solitaire, qui soudain trouve son apothéose dans des retrouvailles subites, presque énamourées, avec des dizaines de milliers de personnes. De la solitude à la foule !

Cocorico

Il y a aussi des raisons moins romantiques, plus prosaïques. D’abord les navigateurs, le plus souvent, sont de « bons clients » pour la presse !

Ils s’expriment avec clarté, et ne manquent pas de vocabulaire. Ça nous change de certains autres sportifs !...

La voile n’est d’ailleurs pas un sport comme les autres. Même si le sponsoring y est très présent, il n’y règne pas de dictature des droits à l’image comme dans le football, le tennis ou le rugby. Les images du Vendée Globe sont accessibles à tous, via les réseaux sociaux.

La presse, télévisuelle en tête, n’est donc pas cadenassée par les contrats d’exclusivité.

Là en revanche, où il y a quelque chose de très similaire avec les autres sports, c’est dans le penchant cocardier des médias. Le Cléach’, c’est la perpétuation des grands noms mythologiques de la voile française, Tabarly, Kersauzon et consorts. C’est aussi la perpétuation d’une chasse gardée. Depuis 30 ans, le Vendée Globe a toujours été remporté par un Français.

Et quand c’est sur le fil, devant un Britannique, comme ici le Gallois Alex Thomson, il y a une réminiscence du match éternel entre les deux voisins séparés par la Manche. Et bientôt séparés par le Brexit !!

On oublie juste de préciser que les autres nations se désintéressent totalement de l’épreuve ! Mais il ne faut pas le dire trop fort…

Ça pourrait tuer l’amour !

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