Tennis
Tennis © MaxPPP / Pascal Deloche/GODONG

C’est devenu une plaisanterie récurrente dans les rédactions : les services des sports y sont désormais surnommés « service corruption »… !!

Boutade liée à la multiplication des scandales depuis 6 mois : les dessous de table de la FIFA et la mise en cause de Michel Platini, le dopage dans l’athlétisme, et le dernier en date cette semaine, les paris truqués dans le tennis.

Trois enseignements émergent du traitement médiatique de ces trois affaires.

Premier point, les journalistes sportifs, ont, pour la plupart, une réaction… de porc-épic.

Cris d’orfraie et tendance spontanée à défendre les champions incriminés

Pourquoi ? D’abord parce que nos confrères spécialistes du sport entretiennent souvent avec eux des liens d’amitié, de proximité, d’affection.

Et bien sûr aussi parce que les stars du sport sont des icônes, des mythes structurant de notre inconscient collectif : héros des temps modernes, rêves de gosse.

Y toucher, c’est tabou.

Tout cela explique pourquoi, à l’automne dernier, nombre de journalistes sportifs ont mis plus de trois mois à admettre, que Michel Platini était mal embarqué dans l’affaire de la FIFA.

La poule aux oeufs d'or

On est aussi frappé par la différence de traitement selon les médias.

Regardons ce scandale des paris truqués dans le tennis, dévoilé lundi. C’est… le grand écart.

D’un côté, la presse écrite. Plusieurs Unes et de nombreuses pages consacrées à l’événement.

Même L’Equipe n’a pas détourné le regard, en posant les questions qui dérangent, alors même que le sport c’est son fonds de commerce.

A l’autre extrémité du curseur, les grandes chaines de télévision : dans le meilleur des cas, une brève dans le JT. Le plus souvent, pas un mot.

Pour les « networks » de la petite lucarne, le sport n’est pas tant une information qu’un spectacle, avec de l’argent à la clé, via la publicité.

Quand une révélation dérangeante pointe le bout de son nez, la tentation de l’autocensure n’est donc jamais très loin.

Il faut ménager la poule aux œufs d’or.

La Grande-Bretagne n’est pas la France

Comme pour le FIFA « Gate », comme pour les révélations sur le dopage dans l’athlétisme, la presse anglo-saxonne, américaine, et plus encore britannique, est au cœur du scoop de cette semaine sur les matches truqués dans le tennis.

La très sérieuse BBC a travaillé près d’un an, et analysé 26.000 matches pour parvenir à la conclusion que pas moins de 16 joueurs du gotha sont soupçonnés…

Sans que l’Association des tennismen professionnels ne s’en émeuve plus que ça.

Et pourtant, la BBC elle aussi pourrait être atteinte du syndrome d’autocensure, puisqu’elle est le diffuseur officiel de Wimbledon.

Elle pourrait l’être d’autant plus que la vénération du sport est autrement plus grande outre-Manche…

Mais non. La volonté d’enquêter l’emporte !

Etre passionné sans se voiler la face pour autant : c’est ce qui fait souvent la force de la presse… britannique.

L'équipe

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