2016 restera peut-être comme l'année où les médias alternatifs (réseaux sociaux, YouTube, etc) ont, à certaines occasions, pris le pas sur les médias traditionnels

2016 restera peut-être comme l’année où les canaux alternatifs d’information ont pris l’ascendant sur les médias traditionnels.

Aux Etats-Unis, Donald Trump l’a emporté, en partie, grâce à son utilisation de Twitter, Facebook et de sites comme Breitbart, proche de l’extrême droite. Dans un autre genre, en France, les réseaux sociaux liés à la Manif pour tous, ont joué un rôle non négligeable dans le succès de François Fillon à la primaire LR. A gauche cette fois, Jean-Luc Mélenchon a lui décidé de lancer sa propre chaine YouTube. Elle compte déjà plus de 120.000 abonnés.

On pourrait multiplier les exemples. Mis bout à bout, ils forment une réalité saisissante. A chaque fois, il s’agit de contourner les médias. Et le public est au rendez-vous. Ces « canaux alternatifs » sont les fruits d’une technologie, Internet, qui permet un échange direct et massif entre un émetteur et des récepteurs. Mais ils sont aussi les enfants de la perte de crédibilité des médias classiques.

Plusieurs de ces vecteurs d’information sont tout à fait respectables.

D’autres le sont beaucoup moins. Et peuvent même menacer la démocratie. Car ils n’hésitent pas à diffuser des « fake news », comme pendant la campagne américaine, où se sont multipliées des affirmations fausses mais dont la diffusion via Facebook, a été supérieure à celle des informations dûment vérifiées par des journalistes professionnels. De la même manière, sur la Syrie et sur Alep, plusieurs sites russes se sont livrés à de la propagande massive, nous l’évoquions la semaine denière.. Ou bien, exemple d’un tout autre style, en France, on a vu circuler sur Internet une rumeur, totalement erronée, selon laquelle la pollution atmosphérique serait due à un nuage industriel venu d’Allemagne.

En face, les journalistes professionnels ont beau faire du « fact checking, ça ne sert … à rien. Car ce « décodage » n’est pas lu ou pas cru par celles et ceux qui lui préfèrent la rumeur.

Le grand défi de la presse

Pour les journalistes, le défi est gigantesque. Il y a quasiment, désormais, deux mondes qui ne se croisent plus ou peu: les lecteurs des médias classiques, et les adeptes des « canaux alternatifs ».

On peut malgré tout esquisser deux pistes pour combler cette faille.

D’une part, la presse peut investir davantage cet univers parallèle des réseaux sociaux et des canaux « alter ». Elle doit se jouer des algorithmes d’Internet pour toucher à nouveau ces publics qui ont basculé dans les théories du complot et des prétendues « vérités cachées ».

D’autre part, si elle veut restaurer sa propre crédibilité, la presse doit favoriser le reportage de terrain. Il demeure le meilleur moyen de renouer le lien avec celles et ceux qui sont aujourd’hui coupés de l’information.

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