La presse a beaucoup aimé jouer les témoins de mariage de l'alliance entre les deux hommes. Scénario, mise en scène, symboles, autant de bons ingrédients médiatiques.

François Bayrou rejoint Emmanuel Macron
François Bayrou rejoint Emmanuel Macron © AFP / Jacques DEMARTHON

Ouverture de tous les JT et journaux radio, Une de tous les quotidiens nationaux… Le « mariage » des deux hommes s’est imposé dans tous les médias depuis 48h.

On peut y voir un nouvel épisode de la « macronite », cette passion pour la « nouveauté » Macron qui s’est emparée depuis des mois de la presse française. Mais les explications tiennent davantage au déroulement proprement dit de ce « moment politique ».

La pièce est en trois actes.

Un classique.

Acte 1: suspense. Pendant des semaines, François Bayrou se fait désirer, laissant planer l’incertitude sur sa décision.

Acte 2 : coup de théâtre. Avant-hier, le président du Modem fait un pari : ni la candidature, ni la retraite, mais une main tendue au profit d’Emmanuel Macron. Suspense puis surprise, deux ingrédients du succès médiatique.

Acte 3, hier : l’alliance mise en scène. Communication politique soupesée. Rendez-vous dans un lieu neutre, un restaurant parisien.

Séance photo. Puis point de presse informel, au beau milieu des tables. Avec les médias en témoin de mariage. Rien de guindé. On est loin de la conférence de presse classique du dirigeant politique dans son QG ou sa mairie. C’est délibérément simple et sans chichis.

Après Blair et Renzi, Macron ?

Il y aussi des explications plus profondes, plus symboliques.

Premier symbole : le renoncement. Un dirigeant politique choisit de ne plus briguer le pouvoir.

Après François Hollande, c’est la 2ème fois en 3 mois que l’événement se produit. Dans un contexte de soupçon généralisé sur la classe politique, le renoncement vous grandit. Et la presse est logiquement fascinée.

Deuxième objet de fascination : le positionnement politique. Une alliance qui irait du centre gauche au centre droit, c’est inédit en France, ça n’a jamais marché. Or l’inédit, c’est un critère essentiel pour une forte couverture journalistique.

Par-dessus le marché, en l’occurrence, il y a un contraste saisissant avec la gauche, où, à l’inverse, l’alliance Hamon - Mélenchon semble pour l'instant peu probable..

Enfin troisième symbole, important dans l’inconscient collectif, Thomas Legrand y faisait allusion hier matin : le symbole générationnel.

François Bayrou 65 ans, adoube Emmanuel Macron, 39 ans. Comme un père qui encouragerait un fils. Comme un symbole du renouvellement en politique.

Cela rappelle deux percées de météorites centristes ou "social-libérales", qui ont également fasciné la presse : Tony Blair, dans les années 90, propulsé à la tête du Labour britannique, et Matteo Renzi, devenu en 2014 président du conseil italien. L’un avait 41 ans, l’autre 39 ans.

Comme Emmanuel Macron.

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