Le constructeur allemand n’a pas eu le temps de dire ouf : aussitôt accusé, aussitôt condamné !

Martin Winterkorn
Martin Winterkorn © MaxPPP / Michaël Kappeler

Emporté en 3 jours par un tourbillon médiatique mondial…

Un tourbillon… alimenté par plusieurs ingrédients.

D’abord il y a le « fond de sauce » : la passion pour l’automobile, cet objet « magique » décrit par Roland Barthes. Avec en plus, en l’occurrence, un parfum « James Bond »…de trucage technologique !

Mais surtout, il y a dans cette histoire une série de revanches, qui favorisent l’emballement.

La première, c’est celle des petits contre les gros, des automobilistes contre les constructeurs.

Ce n’est pas un hasard si les réseaux sociaux ont tant contribué à diffuser cette information.

Y compris en la détournant. Exemple : une photo de Dark Vador avec un « masque de respiration » en forme VW.

Deuxième revanche : contre l’Allemagne et son arrogance présumée, s’incarnant dans le slogan de Volkswagen, Das Auto. Comme si c’était LA voiture par excellence. Les Grecs en particulier ont dû apprécier que les Allemands se voient accusés de tromperie

Troisième revanche, interne à la presse : celle des journalistes généralistes contre leurs confrères spécialisés dans l’automobile… Parfois perçus, comme étant les porte-voix publicitaires des grandes marques, en échange de voyages pour essayer les véhicules.

Enfin, quatrième acte de représailles, les journalistes contre les communicants, omniprésents dans le monde de l’automobile, et faisant régulièrement pression sur certains médias privés, par le biais des contrats publicitaires.

Exemple, au printemps dernier, Volkswagen avait confié sa campagne de communication en France, pour la Golf, à une régie pub directement liée… à un grand groupe de presse écrite.

Le mensonge ou la pollution ?

Le risque, en décrétant Volkswagen coupable, c’est de perdre de vue plusieurs autres sujets.

D’abord, ne pas oublier que ce scandale fleure bon la guerre économique.

Au départ : une enquête de justice américaine contre un concurrent de l’industrie automobile américaine.

Comme par hasard !

En France, BNP Paribas et Alstom sont bien placés pour savoir que cette stratégie « judiciaire » est très au point outre-Atlantique.

Deuxième risque : se bercer de l’illusion selon laquelle Volkswagen serait le seul « mouton noir ».

Si on élargit à l’ensemble du monde industriel, on sait, par exemple, que l’obsolescence programmée est d’un usage très répandu.

Et ce n’est pas plus vertueux que la tricherie à la pollution.

Enfin, le plus flagrant, c’est que la presse s’est focalisée d’abord… sur le mensonge !

D’où le calcul de communication de crise de Volkswagen: on avoue…

Puisqu’aux Etats-Unis, puritanisme oblige, faute avouée est à moitié pardonnée. Essayons de ne pas tomber dans le panneau ! Le plus grave, ce n’est pas la tricherie. Le plus grave, c’est la pollution. 40 fois supérieure au chiffre officiel.

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