le gouvernement tranche en faveur des taxis face aux vtc
le gouvernement tranche en faveur des taxis face aux vtc © reuters

C’est donc la guerre… !!!

La guerre. Carrément.

De l’avis général des titres de presse….

Le mot revient partout, Sésame d’un succès médiatique indiscutable.

La bataille entre chauffeurs de taxis et conducteurs sauvages de VTC possède, il est vrai, tous les ingrédients de la bonne mayonnaise qui fait monter les sujets en Une. D’abord, le spectaculaire. Un peu de violence, une petite dose d’affrontements urbains, et quelques pneus enflammés, a fortiori aux portes de Paris. Et c’est… « l’embrasement » médiatique. En quelques heures hier matin, le sujet a soudainement saturé l’espace des chaines d’information continue…

Pour finir par faire plus de 12’ en ouverture du Journal de 13h sur France 2.

L’engrenage est alors bien connu. Tout le personnel politique ou presque se sent obligé de réagir ; le ministre de l’Intérieur, puis le président de la République en appellent à la dissolution d’Uber Pop… (on vient de l’entendre dans le journal).

C'est la spirale; le sujet prend encore plus d’ampleur et de légitimité… et le vocabulaire devient encore plus… guerrier…

Une jacquerie ?

Les médias français adorent quand il y a un peu de violence. Pas trop tout de même, mais un peu.

Qu’on songe aux manifestations d’agriculteurs, ou de marins-pêcheurs… Aux braseros de cheminots. Ou aux barrages de chauffeurs poids-lourds avec, là encore, pneus enflammés.

De bonnes images de flammes…

C’est la garantie du succès et des Unes de la presse. Les flammes, comme un indice témoignant de la légitimité de la colère.

C’est une vieille histoire française. Pas d’événement sans violence ou à-coup… Comme un brin de romantisme révolutionnaire…

Le tout mis à la sauce « PC circulation », avec usagers « pris en otage » par le blocage des axes routiers ; là encore, un « classique » médiatique !

Consommateurs de taxis

Deux autres raisons très différentes expliquent cet intérêt médiatique. D’abord, c’est tout bête mais ça joue : les journalistes sont consommateurs de taxis. Beaucoup plus que la moyenne des Français. Pour des raisons d’urgence, et des nécessités de reportage.

Il ne doit pas y avoir beaucoup de mes confrères qui n’aient discuté un jour avec un chauffeur de taxi, à propos du bras de fer avec les conducteurs de VTC.

Il y a donc une forme de sensibilité à la cause des premiers.

Mais il y a aussi une sensibilité à la cause des… seconds.

Parce que bon nombre de journalistes, de par leur profil socio-culturel, ont des penchants pour les sujets relatifs à l’essor de la « nouvelle économie », l’économie collaborative, où le citoyen lambda passe par-dessus les monopoles pour négocier directement avec son voisin. C’est d’ailleurs sans doute pour cette raison que plusieurs reporters ont été pris à partie hier matin par des chauffeurs de taxis, persuadés que les médias sont pour beaucoup dans l’essor de la compagnie Uber.

Au bout du compte, tout cela conduit à un traitement médiatique très fort de cette « guerrrre des taxis ».

Il ne s’agit pas de nier le sujet. Il est intéressant.

Entre les pratiques monopolistiques des uns et les méthodes illégales de cow-boys des autres, c’est une étrange et bien peu satisfaisante alternative économique qui nous est proposée.

Mais, comme souvent, on a le droit de s’interroger sur la proportion accordée au sujet. Après tout, il n’y avait hier que 3000 taxis à manifester en France.

Sur un total de 55.000. Soit 5% de grévistes.

L'équipe
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.