Quand la presse enquête (couacs au PS, frais de réception d'Emmanuel Macron, soupçons d'emploi fictif pour Pénélope Fillon), ça ne plait pas à tout le monde...

C’est une semaine où la presse a fait son boulot. Elle a posé les questions qui dérangent… Et fort étrangement, ça ne plait pas à tout le monde… ! Comme c’est bizarre !

Premier épisode, le couac lors du premier tour de la primaire de gauche. Dès lundi matin, les médias lèvent le lièvre : comment se fait-il que les estimations des résultats des candidats ne varient pas d’une virgule… alors que le nombre des votes prétendument dépouillés augmente de plusieurs centaines de milliers ? Question d’autant plus légitime que le passé récent du PS (on pense à 2008) n’est pas tout rose (sans mauvais jeu de mots), en matière de transparence électorale.

Au bout du compte : sans doute pas de fraude, mais plutôt un mélange de précipitation, de bug informatique, d’erreur humaine, et de cacophonie dans le comité d’organisation. Reste que cet amateurisme fait tâche au sein d’un grand parti politique. Et au lieu de l’admettre, le premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis préfère accuser qui donc ?... Je vous le donne en mille : les médias !

Coupables, à ses yeux, je cite, de « jeu de massacre qui va conduire la démocratie française à des réveils douloureux ».

Deuxième épisode, les révélations de Marion L’Hour, de France Inter, et Frédéric Says, de France Culture, sur les frais de réception d’Emmanuel Macron quand il était à Bercy.120.000 € dépensés en 8 mois, ce n’est pas anecdotique. Rien d’illégal là-dedans, c’est vrai. Et l’ancien ministre de l’économie le martèle à bon droit.

Mais il n’y a rien d’incongru non plus à se demander, avec nos confrères, si ces réceptions (sur fonds publics), n’ont pas servi (en partie), à préparer le lancement de la campagne d’Emmanuel Macron.

L'opacité alimente le populisme

Troisième épisode, le plus spectaculaire, l’affaire Pénélope Fillon…

« Boules puantes de campagne électorale », affirme le candidat LR. Et avec lui on doit s’interroger sur l’instrumentalisation politique de ce genre de révélation. Les précédents sont légion, des diamants de Bokassa à l’affaire Clearstream.

Mais cette question seconde ne peut évacuer la question première : l’épouse de François Fillon a-t-elle ou non exercé un emploi fictif en touchant, sur 8 ans, 500.000 euros bruts de fonds publics ? Les éléments d’enquête dévoilés par Le Canard enchainé sont suffisamment étayés pour semer le doute. Et en démocratie, il est légitime de demander à l’homme politique de fournir des explications. A fortiori quand il aspire à la fonction suprême.

La presse fait donc son boulot : en posant les questions qui fâchent, en cherchant la transparence, en soulevant les ambiguïtés. Ce ne sont pas d’abord les « boules puantes » qui font le lit du populisme. C’est l’opacité et les soupçons qu’elle engendre.

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