L'ascension de Trump
L'ascension de Trump © Reuters

Cette comparaison est fondée sur un constat simple : ils font tous les deux la Une des médias ! Impossible, de ce côté-ci de l’Atlantique, d’échapper au visage du milliardaire en Une de la presse, a fortiori après sa nouvelle série de succès cette semaine dans la course à l’investiture Républicaine…

Et ce n’est pas sans rappeler l’omniprésence… du ministre de l’Economie dans la presse française. Interviews en série, Unes des news magazines y compris de la presse people…

Les médias français semblent tous atteints par la « Macronite » ! Certes, le fringant trentenaire et l’éruptif sexagénaire sont très différents. Mais dans les deux cas, les médias, français d’un côté, américain de l’autre, semblent également fascinés. Pour des raisons assez similaires.

Comme toujours, la presse est prise dans un mouvement perpétuel de quête de « nouveaux produits », a fortiori à l’ère de l’information continue. Qui plus est, les journalistes, dans les deux cas, sont attirés par le côté à la fois charismatique et transgressif des deux personnages, affranchis des partis traditionnels.

Constructions médiatiques

Les médias font plus que constater ces phénomènes, ils en sont partie prenante.

Chacun à leur façon, Donald Trump comme Emmanuel Macron sont des « constructions médiatiques ». L’attention portée par la presse au moindre de leurs faits et gestes leur garantit une énorme couverture.

A fortiori dans cet avatar de la démocratie que constitue le règne des sondages, où la côte de popularité légitime les articles de presse.

Les figures politiques émergentes sont donc perçues par les médias comme de « bons filons » en termes d’audience.

De plus, les journalistes sont pleinement conscients de la défiance croissante des électeurs vis-à-vis, et du personnel politique, et des médias.

Dès lors, la tentation est grande de favoriser l’essor de tout visage nouveau, dans l’espoir de rétablir un lien de confiance avec les… lecteurs / auditeurs / télespectateurs.

Dépasser l'écume des choses

C’est un pari risqué. Et la presse américaine commence à s’en apercevoir.

Dans un éditorial récent, l’une des plus grandes plumes du New-York Times, Nicholas Krystof a dénoncé, je cite, « la responsabilité des médias dans l’ascension du démagogue Donald Trump ».

Et de souligner combien la presse a insuffisamment interpellé le milliardaire sur le fond de ses propositions, et sur ses faillites en série.

Or il est peut-être trop tard. Contrairement à certaines idées reçues, la démocrate Hillary Clinton est en effet loin d’avoir partie gagnée contre lui.

A l’aune de cet épisode, la presse française serait donc bien inspirée de ne pas se contenter de l’écume des choses sur le « phénomène » Macron.

Mais bien d’interroger, dès à présent, l’étoile montante sur la politique étrangère et de défense, l’éducation, la santé ou l’environnement.

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