Le président de Sanofi France, géant français de l'industrie pharmaceutique, est l'invité de Patricia Martin. Un président évidemment très occupé en cette période d'épidémie de coronavirus.

Illustration boite de plaquenil 200mg du laboratoire SANOFI. Excideuil. 24 mars 2020.
Illustration boite de plaquenil 200mg du laboratoire SANOFI. Excideuil. 24 mars 2020. © AFP / Romain Longieras / Hans Lucas

En attendant un véritable traitement contre le coronavirus, il y a quelques armes pour atténuer ses effets. "Le Doliprane ne lutte pas contre le Covid-19, mais c'est un traitement symptomatique contre la fièvre", rappelle Olivier Bogillot. "On a vu qu'il y avait une consommation qui a accéléré sur le paracétamol depuis quelques semaines. Aucun risque de pénurie : on avait anticipé cette consommation en observant la situation italienne, notamment. On a accéléré notre production très largement pour éviter tout type de rupture."

Chloroquine : "Il ne nous appartient pas de juger quel expert a raison ou tort"

Sur la chloroquine, qu'on retrouve dans un des médicaments produits par Sanofi, le président du groupe assure qu'il ne s'agit pas "d'un médicament miracle". "Mais il semble suffisamment intéressant et efficace pour être évalué : il y a plusieurs études, une étude chinoise, celle du professeur Raoult... Beaucoup sont en cours pour déterminer son efficacité et sa tolérance. Mais vous savez, il ne nous appartient pas de juger quel expert a raison ou tort : ce qui compte pour nous c'est de pouvoir en produire une quantité suffisante."

Il explique également que Sanofi fournit ce médicament "gratuitement aux hôpitaux qui nous le commandent aujourd'hui, pour pouvoir réduire le passage en réanimation. Tout traitement qui peut le faire apporte une solution intéressante pour les soignants." Il assure en tout cas qu'on a "un stock important, plus de 300.000 boîtes de Plaquénil [qui contient de l'hydroxychloroquine, NDLR] ; on a commencé à en livrer plusieurs dizaines de milliers de boîtes aux hôpitaux prioritaires. Mais si l'effet se confirme, il y aura une demande mondiale très forte. Il faudra que les laboratoires se mobilisent pour accélérer leur production."

Olivier Bogillot évoque "une demande très forte" également pour "les médicaments d'anesthésie, pour endormir les patients ; on sent une tension très forte. Le gouvernement se mobilise pour essayer d'avoir un maximum de stocks, mais c'est pareil pour d'autres pays du monde.

Les chercheurs de Sanofi Pasteur travaillent aussi, "depuis l'apparition du virus en Chine", sur un éventuel vaccin. "L'Institut Pasteur a une vraie expertise sur les vaccins, notamment celui de la grippe. Nous avons utilisé les plateformes autour de la grippe pour voir quels types de vaccin on peut faire pour le Covid-19."

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