Qui dit nouvelle année, dit bonnes résolutions... Mais pourquoi est-ce si difficile de les tenir ? Comment comprendre que la détermination de la décision s'épuise aussi vite ?

Le premier janvier, jour idéal pour prendre de bonnes résolutions
Le premier janvier, jour idéal pour prendre de bonnes résolutions © Getty

Arrêter de fumer, se mettre au sport, dormir plus, passer plus de temps avec sa famille... Nos débuts d'années sont pleins de bonnes résolutions que nous prenons dans l'euphorie de cet avenir de la nouvelle année qui s'ouvre. C'est souvent aussi le souhait de repartir de nouveau, de faire de l'année qui vient une véritable année nouvelle. Et puis les premiers jours passent, les premières semaines et c'est l'heure du premier bilan et avec lui, la liste des premiers échecs.

Pourquoi est-ce si difficile de tenir ses bonnes résolutions alors que ce sont précisément les miennes ? C'est moi qui les prend, personne ne me les impose et pourtant j'ai tant de mal à m'y résoudre effectivement dans la durée.
Sommes nous incapables de faire preuve de volonté ? A quoi tient finalement notre liberté vis-à-vis de nous-mêmes ?

Souvent les bonnes résolutions ne sont que des déclarations d’intentions prises sous le coup des bulles de champagne ou de rêves que l’on veut prendre pour des réalités accessibles.

Mais si on la prend au sérieux, une résolution est une décision qu’il faut tenir dans le temps, et c’est précisément de qui va nous demander des efforts.

Vouloir vouloir

Autrement dit, prendre une résolution c’est décider d’être décidé. Et à travers ce redoublement de volonté, c’est faire preuve de volonté - c’est le contraire des caprices des enfants – faire preuve au sens strict, c’est manifester à ses yeux et aux yeux de tous qu’on a une volonté, et qu’on en est maîtres. Qu’on a donc un pouvoir sur soi-même. 

Pourquoi il est si difficile de tenir ces résolutions ?

Parce qu’on est à la fois juge et partie. On est à la fois celui qui décide et celui pour qui on décide, on est un peu le maître et l’élève. Ça n’est pas simple d’être à la fois celui qui fixe l’objectif, celui qui doit atteindre l’objectif,  celui qui met une petite tape si l’objectif n’est pas atteint, et celui qui finalement se prendra la tape.

Alors on s’arrange un peu avec soi-même, on se trouve des circonstances atténuantes. On a décidé d’arrêter de fumer, mais « là, ce soir c’est pas pareil, parce qu’on est particulièrement stressé, alors ça compte pas… » (par exemple).

A ce moment, la volonté devient mauvaise foi : le libre arbitre qui nous avait poussés à nous déterminer se laisse « engluer » comme dirait Sartre par les situations dans lesquelles on se retrouve. La pureté de la décision se trouve contaminée par le poids de l’action.

Prendre une résolution ouvre le champ à un processus de négociations avec soi

C’est ce qui fait que cette histoire de résolutions ouvre la voie à une question morale : celle du devoir envers soi-même. Si je suis un être libre – comme semble le montrer la capacité de prendre des résolutions vis-à-vis de moi-même - qu’est ce qui pourrait m’obliger à tenir ces résolutions ? Ne suis-je pas libre à tout moment d’en changer ? Comment donc avoir des obligations morales vis-à-vis de soi si on est en même temps libres de nous donner des dérogations ?

La seule façon que les philosophes ont trouvé pour justifier un devoirs envers soi-même est de dire que ce devoir qu’on a envers soi est en fait un devoir envers l’humanité toute entière. Parce qu’on est soi-même un représentant de cette humanité. 

C’est sans doute légitime, mais pas forcément très efficace pour nous aider à résister à une cigarette  ou nous pousser à aller faire du sport.

La conclusion est qu’il n’est pas facile d’être libre

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