Comment vivre avec ses frères et sœurs alors qu'on ne les a pas choisis ? Comment éviter les disputes et gagner en sagesse ?

Comment supporter ses frères et sœurs ?
Comment supporter ses frères et sœurs ? © Getty / Jose Luis Pelaez Inc

Je vous propose un traitement contre les disputes entre frères et sœurs ou si vous préférez, un traitement pour que les enfants deviennent plus sages ! 

Une partie du problème c’est que les frères et les sœurs on ne les choisit pas et pourtant on vit avec eux ! Et quand on est enfant, c’est tous les jours et même toutes les nuits quand on partage la même chambre ! Les frères et sœurs s’imposent à nous sans que l’on n’y puisse grand-chose, de même que nous nous imposons à eux sans qu’ils n’y puissent grand-chose. Mais ça va plus loin encore ! En plus, ces autres enfants que je n’ai pas choisis, on attend de moi que je m’entende bien avec eux, voire même que j’éprouve de l’affection pour eux… simplement parce que l’on a un ou deux parents en commun et qu’il faudrait donc que nous réalisions, nous les frères et sœurs, un désir qui n’est, au départ, pas le nôtre : le désir de la famille formidable et unie que nourrissent nos parents ! 

Comment ne pas céder aux disputes ou comment essayer d’y mettre fin ?

Nous pouvons puiser pour cela dans l’arsenal de sagesse des philosophes stoïciens ! Pourquoi ? Parce que la sagesse c’est un justement leur cœur de métier ! Et chez eux la sagesse commence par une distinction essentielle : la distinction entre les choses qui dépendent de nous et les choses qui ne dépendent pas de nous… Sans cette distinction, on risque de se trouver à vouloir des choses qui ne dépendent pas de nous et donc à se mettre dans des situations inextricables. Et une fois cette distinction bien en tête, il s’agit donc d’apprendre à vivre avec ce qui ne dépend pas de nous, sans que cela nous rende malheureux… 

Comment fait-on pour vivre avec tout ce qui ne dépend pas de nous, avec tout ce qui s’impose à nous et sur lequel nous n’avons pas de prise ? La réponse stoïcienne est simple : on y consent raisonnablement et l’on se concentre sur tout ce qui dépend de nous. En fait cela veut dire qu’il faut faire l’effort de se rendre indifférent à ce qui nous échappe et s’investir dans ce que nous pouvons décider. 

Alors vous me voyez venir avec mes sabots philosophiques : appliquons cette distinction à la famille. Les frères et sœurs ne dépendent pas de nous. Ils sont là sans que nous n’y puissions rien. Il s’agit donc d’accepter cette présence, ce serait totalement absurde de la récuser. Et il s’agit même d’accepter le fait qu’une présence si proche puisse être parfois embêtante, enquiquinante, agaçante et super énervante ! On le sait, on le comprend, ça fait partie du jeu de départ, donc on l’accepte. 

En revanche, l’affection pour les frères et sœurs dépend de moi. Rien donc ne nous oblige à aimer nos frères et sœurs, rien ne nous oblige à aimer ces êtres qui sont là à mes côtés, qui partagent ma vie, mais que je n’ai pas choisi. Et ça je crois qu’on peut le dire à nos enfants, dire qu’il y a dans la présence de leurs frères et sœurs quelque chose qu’ils n’ont pas choisi et quelque chose qu’ils peuvent choisir. C’est une manière de leur redonner du pouvoir sur la situation et sur eux-mêmes et donc de leur redonner de la liberté. C’est aussi une manière de les rendre plus sages, de leur donner de la sagesse, comme une sorte d’antidote à la dispute. En prévention. Alors je ne vous dis pas que ça marche du premier coup et dès le plus jeune âge. Mais en traitement de fond, sur la longue durée de l’enfance et jusqu’à l’âge donc où les disputes peuvent devenir violentes ou profondes, c’est assurément un des meilleurs traitements dont on peut disposer. Et même au delà de la famille c’est une sagesse importante parce que toute notre vie, ensuite, nous avons à apprendre à vivre avec ce qui ne dépend pas de nous.

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