Et si apprendre à découper un poulet était le secret de la philosophie ? Rien que ça....!

La découpe du poulet mène à tout, même à la philosophie
La découpe du poulet mène à tout, même à la philosophie © Getty / Betsie Van Der Meer

Quand on découpe un poulet, on ne fait pas ce que l’on veut ! Il y a des articulations à respecter. On peut un peu choisir l’ordre dans lequel on détache certains morceaux, les cuisses, les ailes, les blancs, mais on n’a pas vraiment le choix sur les morceaux et surtout sur le respect des articulations.

L’art de découper un poulet, c’est donc l’art de respecter les articulations du poulet ! 

Et c’est tellement important qu’un bon découpeur de poulet n’a même plus besoin de tablier tellement ses gestes sont précis et efficaces Savoir respecter les articulations naturelles pour pouvoir découper et séparer les morceaux. C’est donc cela le secret. Et figurez-vous que c’est aussi un secret de la philosophie. Ce n’est pas moi qui le dit, c’est Socrate, dans son dialogue avec le jeune Phèdre, il y a un peu plus de 2300 ans. L’un des secrets nous dit Socrate c’est de «  pouvoir découper selon l’espèce en respectant les articulations naturelles et en prenant soin de ne déchirer aucune partie comme le ferait un mauvais boucher ». Pour bien raisonner, pour argumenter, pour réfuter parfois, encore faut-il savoir analyser une idée, ne pas confondre, ne pas faire des raccourcis, bref encore faut-il savoir distinguer les articulations naturelles.   

On parle d’ailleurs d’un discours ou d’une plaidoirie « bien articulée »… Exactement, le respect des articulations est toujours essentiel pour être compris et pour faire apparaître la réalité. Quand on n’articule pas, on ne comprend rien, quand un discours n’est pas bien organisé, on se perd et quand on ne respecte pas les articulations du réel, on détruit les morceaux, on fait de la bouillie. Essayez donc de découper un poulet rôti en tranche…!  

Tout ce que rappelle Socrate, c’est que le philosophe ce n’est pas celui qui sait plus de choses, qui est plus cultivé, ou qui est le plus éloquent et le plus charmeur. Non, le philosophe c’est d’abord un bon boucher, celui qui sait repérer les articulations d’un discours, d’un concept, d’un problème et qui peut analyser tout ça dans l’ordre. Comme quand le poulet sort du four ! Toutes les articulations ne sont pas visibles, mais on observe, on suit les traces et on ne force pas, cela vient presque tout seul. A la limite on découpe à peine, tellement c’est précis, on détache… 

Voilà pour finir, conseil pratique :  si vous connaissez donc un élève de terminale et si vous vous voulez l’aider en ce début d’année avec son cours de philosophie, apprenez lui à découper un poulet, ça pourra en plus lui servir pour répondre à des questions comme de savoir qui est arrivé en premier : l’œuf ou la poule ?  

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