Pourquoi fêter nos anniversaires ? N'est-ce pas fou de se réjouir du passage du temps et de la vieillesse qui arrive inexorablement ? Comment donc se réconcilier avec son anniversaire et finalement avec le passage du temps ?

Pourquoi compte-t-on nos années de vie ?
Pourquoi compte-t-on nos années de vie ? © Getty / Jessica Peterson

Un traitement qui s’adresse spécifiquement à tous ceux qui détestent que l’on fête leur anniversaire ou bien parce qu’ils ne voient aucune raison de se réjouir du passage du temps, ou bien parce qu’ils n’aiment pas être le centre de l’attention et sont un peu mal à l’aise avec les émotions publiques ! Et plus le temps passe, plus nous sommes nombreux à avoir un petit pincement au cœur par exemple au passage d’une dizaine importante, 40 ans, 50 ans 70 ans, ou simplement au passage d’une année supplémentaire. 

Alors pour supporter son anniversaire et même se réconcilier avec le passage du temps, rien que ça, le remède est assez simple : il faut distinguer. Appliquer précisément la distinction entre ce qui est nécessaire et ce qui est contingent, l’appliquer en massant largement sur sa propre existence. C’est une distinction à ne pas appliquer avant 20 ans parce que généralement la jeunesse n’a pas trop de mal avec les anniversaires…

Le principe actif de cette distinction est un principe métaphysique mais vous allez voir c’est assez efficace. 

Ce qui est nécessaire en métaphysique c’est ce qui ne peut pas être autrement, ce contre quoi on ne peut rien, ce qui nous échappe. 

Et au contraire ce qui est contingent, c’est ce qui peut être autrement, ce qui donc aurait très bien pu ne pas exister et ce qui nous incombe de préserver ou de continuer. 

Ainsi donc, que mon anniversaire revienne chaque année, que le temps passe et que je n’y puisse rien, c’est normal, c’est nécessaire. Et en ce sens nos anniversaires nous tombent dessus chaque année sans que l’on n’y puisse rien et nous rappellent que nous vieillissons inexorablement. Le passage du temps est une condition absolument nécessaire de mon existence. Mais d’un autre côté, le fait même que nous existions est contingent. Nous aurions très bien pu ne pas exister. Pour chacun d’entre nous, notre existence est le résultat d’une sorte de concours de circonstances assez géniales qui a fait que nous sommes là alors qu’il y avait des milliards d’autres possibilités dans lesquelles nous n’aurions pas existé. Alors finalement n’est-ce pas justement cette contingence-là que nous fêtons quand nous fêtons un anniversaire ? 

Nous nous réjouissons de l’existence de quelqu’un qui aurait très bien pu ne pas exister. Un anniversaire ce n’est pas que le passage du temps, c’est aussi en ce sens la joie pure que nous exprimons devant la simple existence d’une personne. Ce n’est donc pas absurde de fêter l’anniversaire de nos proches. En appliquant cette distinction entre le nécessaire et le contingent, nous pouvons leur dire par là que nous nous réjouissons tout simplement qu’ils existent….

Une journée par an, chaque année, nous sommes, chacun de nous, un peu des héros, parce que nous faisons une chose extraordinaire : nous sommes et nous continuons d’exister, alors que nous aurions très bien pu ne pas exister et alors que nous pourrions très bien n’être plus…

Voilà, si vous avez du mal avec les anniversaires, si vous avez des proches qui ont du mal avec les anniversaires, appliquez cette distinction entre le nécessaire et le contingent : il suffit d’une seule application normalement, il n’y a pas d’effets secondaires, et le bénéfice est je crois immédiat ! 

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