Nous sommes tous plus ou moins fragiles et plus ou moins solides. C'est un fait. Mais que faisons-nous de cette fragilité que nous découvrons en nous ou chez les autres ?

La fragilité nous entoure
La fragilité nous entoure © Getty / Florence Barreau

Ça demande du temps et de l’attention pour considérer la fragilité des personnes qui nous entourent. Ce qui est fragile c’est ce qui peut être cassé ça s’oppose donc nettement à la solidité. Parce que qui est solide c’est ce qui ne casse pas.

Mais il suffit de considérer les ruines d’un château fort pour réaliser que la solidité est toujours relative. Le drame de la fragilité c’est qu’elle n’est pas assez forte pour prendre soin d’elle toute seule.

La fragilité de nos vies et de nos existences est un fait nécessaire, et c’est précisément à partir de ce fait que se pose la question du choix moral. Qu’est-ce que je fais de cette fragilité quand je la découvre en moi ou chez l’autre, quand il tombe malade ou quand il traverse des moments difficiles.

J’ai deux possibilités :

• je prends soin de ce qui est fragile. La reconnaissance de la fragilité de l’autre me permet de choisir de lui porter assistance et devient le fondement d’une obligation morale. Tu es fragile, donc je dois t’aider. Cette obligation morale va à l’encontre de la loi de la nature, mais elle témoigne de notre liberté

• autre possibilité, plus choquante pour nos intuitions morales : je ne dois pas m’occuper de la fragilité de l’autre mais plutôt me soucier de la  puissance que je découvre en moi, par comparaison. Tu es fragile, je le vois, donc je me sens plus fort. Cette perspective c’est celle de Nietzsche ; c’est choquant, mais c’est fait exprès. 

La découverte de la fragilité reste une expérience cruciale car elle nous oblige à prendre position. Elle nous oblige à tenir compte d’elle, et donc à ne plus la subir mais aussi à nous en libérer. 

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