A quoi bon formuler des voeux de bonne année ? On ne peut déjà pas grand-chose sur son futur, alors que pourrait-on sur le futur des autres ?

Se souhaiter une bonne année : une bonne idée ?
Se souhaiter une bonne année : une bonne idée ? © Getty / Allard Schager

Et si les vœux que l’on formule étaient en fait le signe de notre impuissance? Ils signaleraient notre impuissance par rapport au temps  qui vient : si nous « souhaitons » c’est que nous ne savons pas ce qui va arriver. Mis à part pour les astrologues et les diseuses de bonne aventure, il n’y a pas de connaissance de futur parce que comme nous l’apprenait déjà Aristote : la logique propre du futur c’est d’être contingente. C’est à dire que le futur peut toujours être autre que ce que l’on pense. Donc en fait, ce qui va se passer cette année, on n’en sait rien et on n’y peut rien.

Et pourtant on se permet quand même d’en parler

Parce que le plus important c’est peut être qu’avec nos vœux on s’adresse aux autres. Après tout les vœux ne sont jamais des vœux en l’air, mais toujours des vœux adressés à quelqu’un en particulier ou à un groupe de personnes. Adresser des vœux c’est aussi être capable de vouloir le bien pour autrui. Faire des vœux c’est donc le signe en nous d’une capacité à s’ouvrir à l’autre, même à celui que l’on ne connaît pas si bien que cela. Chaque année, nous avons donc quelques semaines pour redécouvrir une vertu : la bienveillance et une compétence : le souci de l’autre et l’attention à ses besoins.

Présenter ses bons vœux, ce n’est donc pas qu’une formule de politesse

C’est plutôt une façon de polir sa relation aux autres pour redécouvrir ensemble le fondement de la morale. Parce que quand on formule des vœux on dit en fait que le bien des autres nous importe, on exprime le souci du bien, on témoigne donc de notre moralité.  Alors au sens strict ces vœux de début d’année sont irrationnels mais pas déraisonnables. Parce qu’avec ce rituel un peu étrange, pendant quelques jours au moins, on s’entraîne à vouloir le bien des autres. Et l’on reconnaît enfin par là, que notre propre bonheur dépend aussi de la manière dont les autres seront heureux.

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