Le choix de la poussette peut constituer une sorte de rite de passage vers la paternité pour les pères qui s'y collent ! Comment donc bien choisir ? Choisir n'est-ce pas en effet toujours en venir à assumer la paternité de son choix ?

Les joies de faire comme papa et maman et de pousser une poussette...
Les joies de faire comme papa et maman et de pousser une poussette... © Getty / Tom Werner

Ce matin je vous propose d’affronter un des grands rites de passage du jeune papa : le choix de la poussette. Alors certes rien n’empêche la maman de choisir la poussette, mais j’ai tout de même l’impression que c’est un choix qui est le plus souvent laissé aux pères, un peu comme de charger le coffre de la voiture quand on part en vacances ou d’allumer le barbecue…

A l’arrivée du premier enfant donc, il faut bien avoir une poussette, et aujourd’hui, il ne s’agit pas seulement d’une poussette ou d’un landau, vous avez autant de choix, d’options, de combinaisons possibles que pour une voiture ou une cuisine suédoise ! 

Alors même si on finit par choisir à deux, l’étude de marché et la présélection sont souvent confiées aux pères. Ce qui m’intéresse dans ce choix de la poussette, c’est que la paternité toute neuve des papas se joue alors dans la capacité à choisir, à affronter une complexité, pour finalement répondre de ce choix. 

Comment faire le bon choix en matière de poussette ?

Eh bien d’abord en ne retenant que la première partie de la question : comment faire un bon choix tout court ? 

C’est parfois terrifiant de choisir parce qu’en choisissant une poussette donc on renonce à toutes celles que l’on ne choisit pas. Le choix affronte la multiplicité des possibles pour finalement conduire à ne s’en tenir qu’à une seule réalité. 

Et puis il y a cette autre difficulté, l’impression en fait que l’on ne choisit pas vraiment : qu’en fait on n’a pas vraiment le choix parce que les contraintes qui pèsent sur le choix sont trop fortes : il faut à la fois que la poussette soit confortable, sécurisante et complète, mais qu’elle ne prenne pas trop de place dans le coffre de la voiture et qu’elle soit facile à plier. Devant la complexité, on prend conseil, on pose des questions et finalement on se retrouve à avoir choisi la poussette que les amis, voire le vendeur ont presque choisi à notre place…

Pour renforcer notre capacité à choisir, en première personne et résolument, je vous propose d’en revenir à la manière dont Descartes pense notre libre-arbitre. Comme cette capacité absolue que nous avons en nous de nous auto-déterminer. Choisir, c’est se pousser à vouloir quelque chose plutôt qu’une autre, c’est donc découvrir le pouvoir que nous avons sur nous-mêmes. La possibilité de ne pas être seulement influencé par les autres mais aussi donc la possibilité de résister à toutes les influences pour finalement n’être influencé que par soi-même !  On part ainsi à la reconquête de soi en pouvant revendiquer à la première personne des choix que l’on fait. Et cela ne vous aura pas échappé, dans nos conversations ordinaires, nous disons de quelqu’un qui fait ce genre de choix, résolu et déterminé, qu’il a la paternité du choix et de ce qui en découle…

Alors voilà : choisir une poussette c’est encore une manière d’apprendre à devenir père en progressant dans la compréhension de ce que la paternité peut signifier : une responsabilité de ses décisions mais au fond aussi une responsabilité de soi….

En ce sens le choix de la poussette n’est qu’un des premiers choix d’une longue liste à venir. Mais il est caractéristique de cette complexité nouvelle qu’il faut affronter avec l’arrivée d’un enfant. Il y tant à faire, tellement de possibilités nouvelles, et comment savoir si l’on fait ce qu’il faut ? La paternité s’apprend dans tous ces choix là. La paternité est une fonction et une émotion et non pas une qualité naturelle. Elle n’a donc rien à voir avec le fait d’être un homme, mais tout à voir avec le fait d’accepter d’être parent et d’accepter de choisir ce qu’il y a de mieux pour son enfant. 

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