Nombreux sont ceux qui pensent que choisir une file d'attente relève plus du destin que du libre arbitre, on finit toujours dans celle qui est figée.

Faire la queue : le premier pas vers la liberté ?
Faire la queue : le premier pas vers la liberté ? © Getty / Malte Mueller

Le stress de la file d'attente fait partie des petites tensions du quotidien, parce qu'en position d'attente on a très souvent l'impression d'avancer moins vite que les autres. Ce qui agace au fond c'est l'impression qu'il n'y a pas de hasard. Comme si dans l'ordre des choses, nous étions condamnés à attendre plus que les autres. C'est aussi le témoignage de notre impuissance face à un monde dont l'ordre nous échappe. Cette croyance est par ailleurs plus ou moins vraie. En effet, mathématiquement dès qu'il y a plus de 2 files d'attente, on a plus de chances d'être dans la file qui avance le moins vite. En revanche, là où l'on se trompe c'est quand on croit que cela tombe toujours sur nous, comme si cela relevait d'une sorte de micro destin du quotidien. 

En réalité si l'on croit que l'on est toujours dans la mauvaise file d'attente, c'est parce qu'on est dans la même position que ceux qui croient que tout relève d'une décision divine. On tombe dans l'illusion que Spinoza décrit dans son livre "Ethique" et dénonce : l'illusion des causes finales. Pour le philosophe, l'illusion la plus répandue chez les hommes est celle qui consiste à penser que tout ce qui nous arrive est dû à une intervention divine ou au destin.

Finalement croire que nous tombons toujours sur la mauvaise file d'attente, c'est croire que notre existence ne relève pas de nos choix. En réalité autant prendre le temps (d'une file d'attente par exemple) pour essayer de comprendre pourquoi ce qui nous arrive nous arrive (et lire Spinoza) plutôt que de penser que nous sommes les pantins du destin. C'est la première étape vers la liberté.

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