"Quand c'est flou, c'est qu'il y a un loup..." dit le dicton, parce que le flou nous empêche de bien voir et de savoir à quoi nous en tenir. Mais dans le même temps, le flou c'est aussi le règne des possibles et pourquoi pas une autre manière de voir le monde?

Avons-nous raison de nous méfier du flou ?
Avons-nous raison de nous méfier du flou ? © Getty / Igor Ustynskyy

C’est flou quand nous ne voyons pas bien, quand la différence entre deux choses n’est pas clairement délimitée - est ce de l’amitié ou de l’amour ? Est-ce de l’intérêt ou de la générosité ? C’est flou quand il y a du mouvement et de l’indécision, c’est flou quand on ne sait pas très bien ce que ce l’on voit, ce que l’on veut, ou ce qu’il y a, bref c’est flou quand rien n’est encore tout à fait déterminé ou que  tout est encore possible. 

Et c’est peut être justement pour cela que nous aimons ce qui est net, parce que nous voyons bien, nous reconnaissons des contours, nous savons définir et nous pouvons agir sans trop de difficulté. Comme le remarque le philosophe Henri Bergson, nous avons besoin que les choses soient bien définies pour ne pas nous tromper. 

La condition pour que notre action soit efficace, c’est que nous reconnaissions précisément les choses et que donc nous puissions bien les voir. C’est pour cela que nous souhaitons spontanément sortir du flou d’une relation ou d’une situation. Mais comme le remarque toujours Bergson un peu plus loin la netteté est une simplification. Parfois les choses sont floues, parfois les contours ne sont pas bien définis et c’est notre raison qui sépare, qui définit et qui précise. Le flou est la matière première de notre expérience à partir de laquelle nous construisons, par simplification ce qui est net. Faut-il alors vraiment en avoir peur? 

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