Enchaîner les repas de fête, est-ce vraiment enchaîner les plaisirs ? On aborde parfois cette période de fin d'année avec inquiétude parce qu'on a peur par exemple de trop manger. Alors en route pour une petite expérience philosophique qui pourrait bien nous aider à avoir plus de plaisir sans gueule de bois !

Savourez, degustez
Savourez, degustez © Getty / Westend61

Vous vous demandez effectivement ce que va bien pouvoir nous dire le philosophe pour ne pas que l’on se resserve de dinde aux marrons ou pour éviter la deuxième part de bûche ou encore pour ne pas se laisser aller jusqu’à la vingt-troisième huître, vous savez celle que l’on regrettera quelques dizaines de minutes plus tard et qui nous condamnera à la tisane détox fenouil romarin potiron pendant 3 jours en marmonnant « plus jamais je mange d’huître »…

Eh bien pour vos réveillons ou vos repas de famille, je vous propose de faire cette année une petite expérience qui devrait vous permettre d’en profiter encore plus. C’est une petite expérience philosophique à la portée de tous et dont je n’ai pas peur de vous garantir le résultat :  

Je vous propose tout simplement de vivre ces fêtes en bon épicurien…

Mais être épicurien n’est-ce pas justement le contraire : n’est-ce pas profiter au maximum de tous les plaisirs de la table ? 

Oui c’est ce que l’on croit souvent et parce que dans le sens courant un épicurien c’est justement quelqu’un qui aime les plaisirs de la table. Mais au sens strict c’est tout le contraire : être épicurien, au sens philosophique du terme, c’est-à-dire en bon disciple du philosophe Epicure, c’est précisément faire preuve de modération et ne pas goûter à tous les plaisirs sans limites. 

Le souci d’Epicure c’est que nous vivions une vie joyeuse, tranquille et débarrassée des indigestions, des gueules de bois et des états d’âme. 

Pour cela il nous faut apprendre à distinguer, parmi les plaisirs, ceux qui sont d’authentiques plaisirs et ceux qui sont de faux plaisirs parce que leurs conséquences sont plus déplaisantes qu’agréables et qu’ils nous font regretter le lendemain d’y avoir céder.  

Donc si je me ressers de bûche, à la fin d’un repas déjà copieux, je risque de le regretter et de me gâcher donc le plaisir de départ de ce bon repas. 

La modération à laquelle nous invite Epicure n’est donc pas une modération contre le plaisir, mais au contraire une modération pour un plaisir authentique et durable. Le pari c’est qu’un plaisir qui n’est pas excessif et qui n’a donc pas de mauvaises conséquences est finalement plus fort qu’un plaisir excessif. Je profiterai mieux de la fête si les plaisirs de la fête ne se retournent pas contre moi. Et même je pourrai en profiter plus longtemps et aussi plus largement….

Parce qu’il n’y a pas que le plaisir de manger et de boire

Là encore un bon épicurien, toujours donc au sens d’un véritable disciple d’Epicure, élargit son rapport au plaisir, il ne se laisse pas aveugler par les seuls plaisirs de la table et il est du coup capable de profiter de beaucoup d’autres plaisirs…. Comme le plaisir de retrouver des gens qu’on ne voit pas souvent, ou au contraire de passer encore plus de temps avec des amis proches . Comme le plaisir de la bonne musique, de la danse, des rires, comme le plaisir des conversations que l’on peut avoir, comme le plaisir de faire plaisir aux autres à travers les cadeaux qu’on leur fait...

L’expérience donc que je vous propose à la suite d’Epicure c’est finalement un pari un peu paradoxal : plus on est modéré, plus on est raisonnable, plus on a de plaisir. On a donc pas besoin de pousser nos plaisirs jusqu’à l’excès pour en gouter l’intensité, mais au contraire en les modérant on va profiter de toute leur densité.  Pour le dire autrement, le plaisir sera peut-être moindre en quantité, mais de bien meilleure qualité… 

Voilà au moins le choix est clair : si vous voulez vivre mieux, les fêtes bien sûr, mais pas seulement, mettez un peu plus d’Epicure dans votre vie…. et en plus c’est garanti sans prise de poids ! 

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