Comment progresser à l'école alors que nous sommes entrés dans un monde dans lequel la parole d’un professeur est mise au même niveau que celle d’un youtubeur, d’un journaliste ou de pierrot75 qui a laissé un long commentaire ? En acceptant l'autorité des connaissances que l'enseignant cherche à transmettre.

Se soumettre à l'autorité du... savoir
Se soumettre à l'autorité du... savoir © Getty / Leren Lu

Pas n’importe quelle autorité, celle du savoir ! 

J’ai bien l’impression que ces dernières années, les élèves doivent affronter une nouvelle difficulté : la démultiplication et la dispersion des discours et des sources de savoir. En clair : le monde numérique dans lequel nous sommes entrés depuis 20 ans et qui est à portée de pouces des élèves est un monde dans lequel la parole d’un professeur est mise au même niveau que celle d’un youtubeur, d’un journaliste ou de pierrot75 qui a laissé un long commentaire. 

Toutes ces paroles peuvent être intéressantes et contribuer au débat, mais toutes ces paroles recouvrent aussi parfois la parole des professeurs….

Alors comprenez moi bien : le monde numérique est un monde formidable de nouveaux moyens pour apprendre et découvrir…mais ce monde numérique a les défauts de ses qualités : il est aussi un monde qui rend plus difficile la distinction du savoir pour des élèves sollicités de tous les côtés…

Quel traitement pour aider les élèves à devenir de meilleurs élèves dans ce monde-là ? 

Eh bien c’est un traitement qui s’appuie sur le concept d’autorité, tel que la philosophe Hannah Arendt le présente dans son texte intitulé La Crise de l’éducation. Pour Arendt, la transmission du savoir a besoin d’autorité. Attention pas d’autorité type "estrade", "coup de règle sur les mains" et "punition de 500 lignes".

Non, le savoir a besoin pour être transmis de se voir reconnaître une autorité sur les autres types de discours. Et c’est en ce sens qu’il faut parler de l’autorité des professeurs. En ce sens, l’élève modèle c’est d’abord celui qui accepte l’autorité de ses professeurs.

Alors encore une fois ce n’est pas une question de soumission et de pouvoir. Non cette autorité veut dire trois choses : 

  • d’abord que l’élève reconnait que son professeur en sait plus que lui, 
  • ensuite que l’élève accepte de recevoir ce discours, 
  • et enfin que l’élève reconnaisse que le discours du professeur n'est pas un opinion relative mais un savoir constitué…

C’est assez simple au fond le bon élève, quelques soient ses notes, c’est celui qui accepte que le savoir de son professeur fasse autorité sur les autres discours…

Mais soyons précis, je dis bien le savoir de son professeur…je ne suis pas en train de dire le professeur lui-même. On a le droit de ne pas trop aimer tel ou tel prof, on a même le droit de trouver que ce n’est pas un très bon prof, qu’il n’explique pas bien, qu’il est mal habillé, qu’il est trop sévère, qu’il est tout ce que voulez. Le diagnostic est finalement assez simple et toujours le même :  si vous voulez réussir à l’école la première condition c’est de reconnaître a priori la légitimité et l’autorité du savoir qui y est transmis.

Toute la difficulté c’est que ce traitement de la reconnaissance de l’autorité, n’est vraiment efficace qu’avec un environnement favorable. Encore faut-il plus largement que les élèves grandissent dans un environnement qui les aide à reconnaître cette autorité du savoir… 

Et c’est pour cela que cette reconnaissance concerne aussi les parents. De ce point de vue là l’élève modèle est celui qui a des parents modèles, des parents qui respectent et reconnaissant l’autorité du savoir transmis….

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