Bien sûr nous sucrons notre café, notre thé ou nos yaourts parce que nous aimons ça. Mais le sucre ce n’est pas seulement une question de goût ; si on le regarde bien, il nous permet de mieux comprendre le passage du temps....

sucre
sucre © Getty / Ruth Bushi / EyeEm

Et si, avec un morceau de sucre, on faisait un peu de métaphysique ? C’est le philosophe Henri Bergson qui nous y invite en prenant l’exemple tout simple d’un morceau de sucre que l’on met dans un verre d’eau… Si j’ai envie d’un verre d’eau sucrée nous dit Bergson, il faut bien que j’attende que le sucre fonde. Et le temps que met le sucre à fondre, c’est un temps absolu, indivisible et continu: le morceau de sucre a fondu ou n’a pas encore fondu. 

Ce temps là n’est donc plus du temps mais une durée concrète, continue et inventive

Bergson se sert de cet exemple tout simple, un morceau de sucre qui fond, pour distinguer temps et durée. Le temps c’est le temps qui est le même pour tout le monde, c’est le temps objectif des secondes et des minutes, c’est le temps de l’horloge, divisible et homogène. 

Alors que la durée, elle, varie selon les personnes et les circonstances. Les trois minutes qui précèdent l’annonce d’un résultat peuvent vous paraître durer très longtemps alors que les mêmes trois minutes qui vous restent pour dire au revoir à votre amoureuse ou à votre amoureux avant que le train ne parte vous paraissent durer très peu de temps. La durée c’est du temps mais c’est le temps en nous, c’est le temps intime, c’est le temps pour nous. 

Et à chaque fois que nous faisons fondre du sucre, nous pouvons en refaire l’expérience ! 

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