Thibaut de Saint-Maurice nous explique comment un trajet en RER lui a inspiré cette chronique sur le sens de la justice et l'égoïsme.

L'égoïsme du fraudeur du métro, le mal de ce siècle ?
L'égoïsme du fraudeur du métro, le mal de ce siècle ? © Maxppp / Matthieu de Martignac

La règle exige que tous les voyageurs se munissent d'un titre de transport. Celui qui ne la respecte pas, et donc celui qui ne respecte pas la loi. L'injustice ici est strictement conventionnelle : c'est à dire relative à une règle établie.
Mais en réalité le problème est plus complexe. Voyager sans ticket n'est pas un mal en soi mais pose le cas de la justice sociale. L'économiste américain Mancur Olson est le premier à avoir posé ce cas qu'il décrit comme le paradoxe du "free rider". Comme il l'explique, voyager sans ticket c'est un choix rationnel. On se trouve dans un service d'action collective où l'on peut bénéficier d'un service public, sans pour autant avoir payé sa part. Le voyageur sans ticket a donc fait un choix rationnel dans le sens où il a fait un bon calcul (ratio -> calcul). Il obtient le même service sans dépenser. On peut le dire autrement : l'égoïsme est un choix rationnel.

Il heurte notre sens de la justice parce que ses principes ne sont pas généraux, ni applicables universellement. Autrement dit l'égoïsme ne peut pas être juste, parce que justement il ne tient pas compte de l'autre. Ce qui n'est pas juste dans le fait de ne pas payer sa part, c'est non seulement de ne pas payer mais surtout de se servir des autres.

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