Est-ce les connaissances nouvelles sur le cerveau nous permettent d’en savoir plus sur nous, sur qui nous sommes, sur notre identité personnelle, sur notre moi le plus intime et le plus singulier, sur ce qui fait que nous sommes nous et personne d’autre ?

Avec le développement des neurosciences nous en savons de plus en plus sur notre cerveau. Et nous avons encore tellement à connaître ! C’est sans doute la grande aventure scientifique du XXIème siècle….enfin une fois que l’on aura trouvé un vaccin contre ce satané Covid ! 

Toutes ces connaissances que nous accumulons sur le cerveau humain nous aide à mieux comprendre évidemment comment il fonctionne, comment il régule tel ou tel comportement, ou la cause de tel ou tel dysfonctionnement…

Mais la question c’est aussi de savoir si toutes ces connaissances nous permettent d’en savoir plus sur nous, sur qui nous sommes, sur notre identité personnelle, sur notre moi le plus intime et le plus singulier, sur ce qui fait que nous sommes nous et personne d’autre…  

Parce que depuis longtemps, et c’est encore la croyance spontanée la plus répandue, nous croyons que nous sommes des personnes uniques, parce que nous avons une âme, un esprit, une conscience ou ce « je ne sais quoi » comme disait le philosophe anglais John Locke, qui nous distingue et nous identifie par rapport aux autres. 

  • C’est ce qui fait qu’on tombe amoureux, non pas seulement d’un corps, non pas seulement d’une configuration cérébrale, mais d’une personne, de cette manière si particulière d’être toute entière et qui fait qu’elle est unique pour nous…
  • C’est ce qui fait que l’amitié ne s’explique pas toujours : « parce que c’était lui, parce que c’était moi » comme disait Montaigne à propos de son amitié avec La Boétie…

Bref, tout se passe comme si pour assurer que nous sommes bien tous, des personnes uniques avec des identités propres, nous avions besoin de défendre l’idée d’une réalité séparée de l’esprit - séparée ça veut dire distincte de cet organe du corps qu’est le cerveau et dont le fonctionnement normal est le même pour tout le monde

Mais le progrès des neurosciences change la donne… ou du moins ces progrès font vaciller nos croyances et rouvrent la réflexion. Et si notre âme, notre conscience, notre identité n’étaient que des fonctions cérébrales ? 

Il y a aujourd’hui deux voies possibles

  • La première c’est la voie réductionniste. Dans ce cas l’affaire est pliée : nous sommes notre cerveau. Ce que nous appelons la conscience ou l’âme d’une personne ce ne sont que des mécanismes cérébraux. Il n’y a plus qu’à attendre les progrès de la recherche pour comprendre comment ça marche…
  • La deuxième possibilité c’est la voie de l’interaction. Dans ce cas le cerveau est bien l’organe de l’esprit, mais l’esprit ou la conscience ne sont pas strictement réductibles à des réseaux de neurones comme l’explique le neuroscientifique Lionel Naccache dans son livre « Suis-je mon cerveau ? »….Il y a bien quelque chose de plus, une réalité propre de notre conscience…

Le philosophe Henri Bergson avait une belle image pour cela, il dit : 

Le rapport entre le cerveau et la conscience est semblable à celui d’un manteau accroché à un clou. Si vous enlevez le clou, le manteau tombe. Mais ce n’est pas parce que le manteau est accroché au clou qu’il est de même nature que le clou……

Ce que cela nous apprend c’est qu’il y a bien une relation entre le cerveau et la conscience. Et plus nous connaîtrons notre cerveau, plus nous serons en mesure de connaître cette relation avec notre conscience, et plus finalement nous saurons qui nous sommes et comment nous sommes nous-mêmes. 

L’esprit n’a donc pas  tout à fait dit son dernier mot !

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