Pas facile la communication entre les parents et les ados... Comment dépasser l'incompréhension ? Peut-être tout simplement apprendre à ne pas tout comprendre et à ne pas tout maîtriser ?

Après avoir été pleinement disponible, les paents doivent apprendre à se retirer progressivement
Après avoir été pleinement disponible, les paents doivent apprendre à se retirer progressivement © Getty / Silke Woweries

Cette semaine un traitement qui a fait ses preuves, employé depuis bien longtemps et pour affronter une grande diversité de situations : une bonne dose de stoïcisme ! Mais pas la version générique du stoïcisme dont on pense que cela permet simplement de supporter, en restant impassible, les difficultés de la vie….

Partons plutôt sur une version pure du stoïcisme, sa version première, philosophique, et c’est un traitement qui s’adresse aussi bien aux parents qu’aux ados et ce sont les effets combinés de cette double prise qui peut aider à mieux se parler. Alors pourquoi ? Parce que le symptôme principal qu’il faut traiter c’est le sentiment d’une triple incompréhension : les parents ne comprennent pas leurs ados, les ados ont l’impression que personne ne les comprend, et même encore ils ne se comprennent pas toujours eux-mêmes et ce qui leur arrive….

Alors comment traiter toutes ces incompréhensions ? 

Grâce au principe actif de la philosophie stoïcienne ! Que vous pouvez retrouver sous deux versions : celle de Marc Aurèle dans les Pensées pour moi-même ou celle d’Epictète avec son petit livre  Manuel. Toute la philosophie stoïcienne repose sur une distinction essentielle : entre ce qui dépend de moi et ce qui ne dépend pas de moi. La sagesse et le bonheur ne sont pas possibles si on ne tient pas compte de cette distinction. Parce qu’il serait absurde de vouloir ou de poursuivre ce qui ne dépend pas de moi et de et qu’il serait absurde de ne pas s’appuyer sur ce qui au contraire est en mon pouvoir. 

Ainsi les parents doivent apprendre peu à peu que leurs enfants vont dépendre de moins en moins d’eux. Qu’ils se détachent, qu’ils s’éloignent, qu’ils font des choix et que peu à peu ils tracent le chemin de leur propre vie. Après avoir été pleinement disponible, il faut apprendre à se retirer progressivement… Ca dépend de moins en moins d’eux… 

Mais ce principe actif du stoïcisme est efficace aussi pour les ados eux-mêmes

Parce que l’adolescence ne dépend précisément pas vraiment de moi : elle arrive sans que je n’y puisse rien, en faisant changer mon corps, en me soumettant au regard des autres, en me donnant envie en même temps d’exister dans leur regard, je ne sais plus vraiment qui je suis, je me pose des dizaines de questions : « c’est quoi le sens de la vie ? pourquoi on doit mourir ? Qui je suis vraiment ? Comment ça marche les garçons ? Comment ça marche les filles ? Snapchat ou Instagram ou est-ce qu’il reste des pâtes ? »

Une des crises de l’adolescence c’est cette conscience toute nouvelle qu’on a la vie devant soi avec un corps tout neuf, mais qu’on n’a pas trop choisi ce qui nous tombe sur le coin de la figure… 

Le stoïcisme peut soigner ou du moins adoucir cette crise, parce qu’il apprend à distinguer, ce qui dépend de moi et ce qui ne dépend pas de moi, ce qui est possible et ce qui est impossible et qu’il promet par là une grande maîtrise de soi et une grande récupération de soi. Les changements du corps par exemple, ce nez qui grossit, cette peau qui rougit, tout ça on ne le choisit pas, on n’y peut rien… 

Mais s’entourer de bons amis, s’investir dans un sport ou dans un art, ça on y peut quelque chose, alors pourquoi ne pas s’y investir à fond ? 

Ce traitement à base de stoïcisme est indiqué ici je crois pour aider parents et ados à faire le même apprentissage : tout ne dépend pas, ou ne dépend plus seulement de nous, ni ces poils qui poussent partout, ni les choix de nos enfants…  Et c’est une bonne condition préalable pour arriver ensuite à se parler. En fait, on n’a jamais fini d’apprendre à vivre !

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