Si les opérations sur la prostate font si peur et sont si difficiles à évoquer, c'est bien souvent à cause de leur conséquences sur la sexualité : difficultés pour avoir une érection, une éjaculation, bref c'est toute une sexualité reposant sur la pénétration qui est mise en cause, et avec elle une certaine virilité...

Virilité et pénétration
Virilité et pénétration © Getty / Ana Gassent

Le problème au fond c’est que les normes de virilité décrivent une virilité qui s’est construite et qui repose donc essentiellement sur la domination sexuelle de l’homme. Dans son livre Le sexe et l’effroi, l’écrivain Pascal Quignard, rappelle qu’à l’époque de la domination romaine, la virilité repose non pas seulement sur le courage ou la force guerrière, mais d’abord et surtout sur la capacité à pénétrer sexuellement un partenaire. 

Peu importe d’ailleurs que ce soit un homme ou une femme, tant que l’on est le pénétrant et non le pénétré. L’homme viril est celui dont le phallus peut se dresser pour être ensuite l’élément actif du coït.

Il n'y a pas beaucoup de tendresse dans tout cela ! 

C’est le jeu des normes. 

Mais autant le fait d’avoir un cancer de la prostate ne dépend pas de nous, autant ce qui dépend de nous, c’est que  nous pouvons modifier notre rapport à ces normes de virilité et à la domination sexuelle. Ne peut-on pas alors envisager une virilité libérée de cette pression de la domination ? 

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