C'est une rentrée 2020 sous le signe de l'incertitude, de l'inédit qui se profile avec les effets d'une crise sanitaire qui occupe une grande partie des esprits tant elle conditionne une situation anxiogène. Mais quels sont les remparts philosophiques qui peuvent vous aider à surmonter ces craintes ?

Quelles armes philosophiques face à une rentrée anxiogène ?
Quelles armes philosophiques face à une rentrée anxiogène ? © Getty / fabio camandona

La rentrée 2020 ne se profile pas comme les autres

D'habitude, une rentrée, c'est un retour à la normale de nos vies, c'est la reprise d'une répétition quotidienne, c'est un terrain connu pour réinvestir la routine. C'est ce plaisir un peu inavouable de rentrer, justement, de revenir, de retrouver un rivage bien connu, le rivage bien connu de sa vie. Et même quand il y a un déménagement, un changement de classe ou un nouveau travail, on s'y est préparé. On se projette. Et puis, tout le reste suit. 

Cette année, la rentrée n'est pas comme toutes les autres parce qu'elle amène avec elle son lot d'inconnu. Pas vraiment de retour à la normale. Il y a des masques partout, des réunions qui continuent d'être annulées et une grande impossibilité de se projeter dans un après auquel on ne cesse de rêver, mais qui n'arrive pas. C'est une rentrée sous le signe de l'incertitude, de l'inédit et donc d'une certaine inquiétude que vous devez entendre comme moi, autour de vous. Inquiétude pour le retour à l'école, inquiétude pour le retour ou pas au travail, inquiétude des nouvelles mesures sanitaires

Comment affronter la situation anxiogène que suscite la crise sanitaire ? 

D'abord en questionnant cette incertitude, comme Nietzsche aurait pu le faire, en se demandant donc pourquoi, à l'inverse, nous avons tant besoin de certitudes. Pourquoi nous avons besoin qu'une rentrée soit un retour au même ? Pourquoi nous avons besoin que les choses soient ce qu'elles sont et non pas qu'elles en deviennent sans cesse de nouvelles ? 

À travers cette inquiétude de l'incertitude, Nietzsche questionne donc notre besoin de certitudes et c'est pour lui le signe de nos vies malades. Il écrit : 

Ce n'est pas le doute, mais c'est la certitude qui rend fou

La certitude rend fou parce qu'elle empêche la nouveauté, le changement et qu'elle condamne nos vies à la répétition du même. Vous savez, celui qui est plein de certitudes, on en connaît tous, des gens comme ça, qui croient déjà tout savoir sur tout et qui ont une explication pour tout et qui finissent par tourner en boucle sur eux-mêmes. 

Celui qui est plein de certitudes enferme la puissance de la vie qui est en lui

- Nietzsche

Pour le penseur, donc, cette certitude n'est pas notre amie. Au contraire, l'incertitude, le doute, le changement sont les conditions de surgissement de la nouveauté. Et c'est le signe tout simplement de la puissance de la vie, comme dans la naissance d'un enfant, la réalisation d'un projet ou la création d'une œuvre. Il y a de l'adaptation, de la réaction, de l'augmentation, de l'affirmation. On se sent vivant quand le cœur s'emballe et pas quand il bat tranquillement dans un rythme où chaque battement est le même que le précédent. 

Alors, certes, on ne sait pas très bien de quoi cette rentrée sera faite. Certes, nos habitudes sont bouleversées. Nous manquons un peu de certitudes pour prévoir un voyage, une fête ou une réunion. Certes, les conditions économiques sont difficiles, mais enfin, la vie en nous, elle est plus forte que ça. Qui d'ailleurs voudrait d'une vie qui serait seulement prévisible, sans changement, sans surprises ni rencontres ou sans occasion de se transformer ? 

Cette rentrée n'est pas comme les autres, mais elle défie nos habitudes

Et ce n'est pas parce qu'il y a du changement qu'elle est effrayante. Si la certitude rend fou, l'incertitude entretient alors la bonne santé de nos vies.

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