Question difficile à poser et difficile à traiter évidemment : nos initiatives individuelles servent-elles vraiment a quelque chose dans ce grand combat contre le réchauffement climatique ?

Nos initiatives individuelles ont-elles un poids ?
Nos initiatives individuelles ont-elles un poids ? © Getty / Jake Wyma

L’écologie est-elle vraiment une affaire individuelle ? Ou si vous préférez : est ce que cela change vraiment quoique ce soit que je chauffe moins chez moi, que je mange moins de viande et que ma voiture soit hybride… alors que mon voisin continue de rouler avec sa vieille voiture ou que mon cousin ne trie pas ses déchets. 

Et puis est-ce que cela change vraiment quelque chose de modifier nos comportements individuels quand par ailleurs on ne sait plus quoi faire des déchets nucléaires, quand les États-Unis quittent l’accord de Paris et que globalement le modèle économique d’exploitation des ressources naturelles reste celui de la croissance et du développement. 

Bref est-ce que le drame supplémentaire de la protection de l’environnement ce n’est pas au fond que nous, individuellement, nous n’y pouvons pas grand-chose… 

N’est-ce pas alors aux Etats de prendre leur responsabilité comme avec la prochaine COP 24 ? Mais même là ce n’est pas très rassurant.

Comme le fait remarquer le philosophe Slavoj Zizek dans son livre "Après la tragédie, la farce !" en 2008 face à la crise financière, les Etats ont su décréter l’urgence absolue et mobiliser très vite des milliards de dollars pour ne pas que le système financier ne s’effondre.

Aujourd’hui toutes les sonnettes d’alarme sont tirées à propos du réchauffement climatique et pourtant ces mêmes pays ne tiennent pas les engagements qu’ils prennent lors de ces grandes conférences… 

Pour Slavoj Zizek l’un des problèmes c’est que l’économie et l’écologie ne parlent pas la même langue. L’économie parle la langue du capitalisme et donc de la continuation de la croissance tandis que l’écologie parle la langue de la protection d’une nature mère dont il faudrait conserver les équilibres. 

Au milieu de ce dialogue de sourds, nos initiatives individuelles sont peut-être pleines de bonnes intentions mais restent inefficaces. 

Le problème ne vient donc pas de nos comportements individuels qu’il faudrait changer, mais d’un système économique qui doit se convertir à un nouveau type de communisme : celui du respect de biens communs comme le climat, l’eau ou la biodiversité. 

Alors rouler à vélo, trier ses déchets et réduire sa consommation d’énergie c’est bien, mais cela ne doit pas faire oublier que le combat est d’abord un combat politique. Le risque sinon c’est, comme le dit Zizek, que l’écologie devienne le nouvel opium du peuple.

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