A-t-on vraiment raison d'avoir honte quand on a des hémorroïdes et que l'on se gratte les fesses?

Pourquoi certaines maladies ou certains symptômes suscitent la curiosité et la sympathie tandis que d’autres symptômes ou d’autres maladies, au contraire,  entraînent systématiquement la honte de celui qui en souffre ?
Pourquoi certaines maladies ou certains symptômes suscitent la curiosité et la sympathie tandis que d’autres symptômes ou d’autres maladies, au contraire, entraînent systématiquement la honte de celui qui en souffre ? © Getty / juanmagarcia

Avoir des hémorroïdes et un anus qui démange, ce n'est pas un choix: c'est d’abord un fait ! Un fait douloureux, mais un simple fait et l'on n’y peut pas grand chose! 

Avoir honte, revient alors à subir une double peine : non seulement on a mal, mais en plus on a honte ! 

Pourquoi certaines maladies ou certains symptômes suscitent la curiosité et la sympathie tandis que d’autres symptômes ou d’autres maladies, au contraire,  entraînent systématiquement la honte de celui qui en souffre ?  

D’abord parce que la honte surgit devant les autres. On n’a pas honte quand on est seul et que l’on se gratte les fesses. La honte nous dit le philosophe Sartre «  dans sa structure première est honte devant quelqu’un ». Cela veut dire que c’est le regard de l’autre qui fait naître en moi la honte ou l’embarras. Parce qu’à ce moment là, le regard de l’autre me démasque, il révèle une vulnérabilité contre laquelle je ne peux rien : j’ai été surpris, je suis regardé et je ne peux échapper à ce regard. Je ne m’appartiens plus vraiment. La honte me déstabilise, elle s’impose à moi : je rougis ou alors j’essaye maladroitement de transformer le geste honteux en lui donnant un autre sens ou encore de sauver la face avec le fameux : «  ce n’est pas pour moi, mais c’est parce que j’ai un ami… » 

Comment- fait-on pour se libérer de cette honte ?  

On commence par se souvenir que l’on n'y est pour rien si on a des hémorroïdes, une mycose vaginale ou des douleurs dans les bourses.  

Parce que nous ne vivons pas seul, parce que nous sommes des êtres de relations, placés sous le regard des uns et des autres et entourés de normes sociales, nous avons bien des raisons d’avoir honte de nous gratter les fesses ou de parler de nos champignons aux pieds… 

Mais à l’inverse, nous avons tort d’entretenir cette honte: il n’y a pas de maladie honteuse ou de symptômes honteux. La honte en elle même n’existe pas : elle est toujours relative à une certaine situation, à un certain environnement humain, social ou culturel. C’est pour cela qu’il faut et que l’on peut s’en libérer. Comment? En renversant le jugement: si j’ai honte face aux autres, c’est parce que les autres sont mes semblables et qu’ils me regardent. Mais s’ils sont mes semblables, alors eux aussi sont concernés par ce ce qui m’arrive. Ce qui me fait honte aujourd’hui, leur fera honte demain! Nous sommes à ce petit jeu là, tous égaux devant la honte! 

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