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Odezenne
Odezenne © Mathieu Nieto

B ienvenu dans ce nouvel espace-temps où cette nuit il sera question de sexe, de drogue et de rock’n’roll, mais aussi de rap, de jazz, de métal, de reggae, bref de toutes les musiques qui nous font vivre, lever les bras, pleurer, aimer ; qui font de nous des femmes et des hommes libres.

Emission spéciale ce soir, avec le groupe Odezenne, histoire de ne pas perdre nos fondamentaux. Plonger avec ces trois garçons pas trop dans le vent, mais dans le désarroi doux de balades qui trace un quotidien illuminé paradoxalement par la réalité du dérisoire. Odezenne c’est aussi l’apologie de l’ennui façon Moravia, et le questionnement sur un certain désarroi sexuel façon Houellebecq. Bref, le mensuel musical Tsugi nous annonce à sa une que « Odezenne va nous baiser ». Et on a tout simplement envie de leur dire OUI mais TOUT DE SUITE.

Pour autant, avant de les retrouver, on démarrera par une nouveauté qui fait sens. Un parfum d’Orient et de jazz mêlés porté par la chanteuse diva anglo egyptienne Natacha Atlas qui s’est retrouvé magnifiquement réincarné par le trompettiste libanais Ibrahim Maalouf. Le titre : « Oasis ». Et oui c’est ça la France.

Natacha Atlas avec Ibrahim Maalouf aux Victoires du Jazz sur la scène du Théâtre de la Mer à Sète pour une soirée live en public le 24 juin dernier

Odezenne

Alix et Mattia se rencontrent pour la première fois dans le collège où ils étudient, et forment "O2 Zen", nom qu'ils empruntent -de manière détournée- à celui de leur proviseure qui les terrorisait à l'époque. Influencé par le rock de Jimi Hendrix, le duo ne dure qu'un temps, et ils repartent poursuivre leurs études chacun de leur côté. Le déclic a lieu quelques années plus tard, en 2004, alors que leurs chemins se recroisent de nouveau. Alix s'est depuis initié au rap et envisage un projet sérieux dans la musique. Rejoints par Jacques à la voix puis Dj Lodjeez, la bande change de patronyme pour "Odezenne" et commencent à composer. Le premier concert a lieu en 2007.

Le 13 novembre Odezenne a sorti « Dolziger Str. 2 » son 3ème album.

Les concerts d'Odezenne en tournée

  • Vendredi 27 Novembre à Nantes (Stéreolux)
  • Le 3 décembre à Srasbourg (La Laiterie)
  • Le 4 décembre à Lyon (Ninkasi ou Le Sucre)
  • Le 5 décembre Montreux (Suisse)
  • Le 9 décembre à Clermont-Ferrand (La Coopérative de Mai)
  • Le 10 décembre à Toulouse (Metronum)
  • Le 12 décembre à Marseille (Le Moulin)
  • Le 11 février à Tours
  • Le 12 février à Reims
  • Le 13 février à Audincourt
  • Le 18 février à Massy
  • Le 19 février à Sannois
  • Le 20 février à Magny Le Ongre
  • Le 26 février à Orléans
  • Le 27 février à Nancy
  • Le 11 mars à Biarritz
  • Le 17 mars à La Rochelle
  • Le 26 mars à Chollet

La PlayList Inter de la semaine

Quoi de neuf au pays de la Play List Inter ?

Chaque semaine nous découvrons les nouveaux titres qui vont faire les beaux jours de la programmation musicale d’Inter. Une grande plage mixée au soleil de minuit avec des extraits de ces nouveautés. Et cette semaine, il n’y a pas de nouveautés qui tiennent. Il y a de ma musique. Et des chansons qui parlent peut être mieux que nous de ce que nous ressentons et avons envie d’exprimer voire de gueuler.

Cette semaine donc par désordre d’apparition : un groupe américain libertaire Eagle of death metal qui reprend du Duran Duran, le premier extrait du tout nouvel album du groupe Mass Hysteria qui parle de l’enfer des dieux, l’inédit d’Etienne Daho qui vante notre Paris et ses merveilleux sens interdits, et enfin la Marseillaise en reggae du beau Serge pour nous convaincre que Stone le monde est stone

  1. Eagles Of Death Metal « Save A Prayer »
  2. Mass Hysteria « L'enfer des Dieux »
  3. Etienne Daho « Paris sens interdits »
  4. Serge Gainsbourg « Aux armes Etc. »

Qu'est-ce que tu fais à Minuit ?

french kiss for daesh

Eric Labbé
Eric Labbé © Studio Harcourt

D ans la soirée du 13 novembre, trois équipées sur-armées ont, au nom d'un Dieu qui ne les connaît ni d'Eve ni d'Adam, tué et blessé par centaines des femmes et des hommes libres et joyeux, de toutes couleurs et de toutes obédiences, qui chantaient, riaient, dansaient ou profitaient ensemble, en terrasse, d'une de ces douces soirées d'automne dont Paris a, parfois, le secret. La précédente vague d'attentats de Janvier dernier visait spécifiquement deux piliers démocratiques : la liberté d'expression à travers la rédaction de Charlie, d'une part, et la liberté de culte en visant un magasin de la communauté juive d'autre part. Cette fois-ci leurs cibles étaient des restaurants, des bars, des terrasses, et une salle de concert... cette fois-ci, c'est la Nuit de Paris qui a subi de plein fouet le dessein aussi imbécile que mortel de ces nouveaux escadrons. Et à travers ces lieux nocturnes particulièrement cosmopolites, c'est une nouvelle dimension de la liberté qui est attaquée : celle du plaisir et de la mixité. La joie d'être ensemble, de se rencontrer, de s'étourdir de musique, de rire et de séduction sont autant de fondamentaux d'une vision du bonheur aux antipodes de la culture de mort développée par ces cerveaux malades sur la base d'écrits millénaires auxquels ils n'ont définitivement rien compris. Des gens qui envisagent la musique comme un péché, la proximité d'une femme comme un danger mais qui considèrent comme le plus haut degré de piété le fait de réduire en esclavage une enfant yazidi ne peuvent accepter cet exercice tendre de notre libre-arbitre que constitue l'hédonisme d'un vendredi soir à Paris.

Moi, acteur anonyme de la nuit, artisan quotidien et amoureux de cette liberté, je pense ce soir au lourd tribut que nous avons payé lors de cette soirée maudite de l'Histoire de Paris. Collègues, ami-e-s, frères, sœurs et enfants, chacun de nous a vu quelqu'un partir pour la seule raison qu'il avait voulu jouir de cette liberté ou parce qu'il travaillait à la rendre possible chaque soir. Pourtant ni aujourd'hui, ni demain nous ne prendrons les armes pour venir tuer ceux qui ont semé la mort vendredi dernier. Mais, au demeuré adepte de cet enfer moral et humain qui se réjouit de la mort des miens, je veux dédier French Kiss, morceau fondateur de la house music signé Lil Louis et dont le titre évoque l'un des plus beaux de nos savoir-faire. Dans ce morceau, on entend au milieu d'un groove d'une puissance irrésistible, les cris d'une femme qui jouit. Une femme libre, heureuse qui jouit de la musique, de la danse et de l'amour sans distinction. Je veux que ce morceau s'incruste au plus profond de ton crâne, misérable soldat de la mort et de l'ignorance, je veux qu'il vienne hanter à jamais le paysage morbide de ton désert affectif et intellectuel pour te rappeler que rien ni personne ne nous empêchera jamais de vivre, de danser et de nous aimer.

E ric Labbé

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