Par Nathalie Fontrel

Pour les protéger. Les lanceurs d'alerte sont des scientifiques, des experts, des associations qui tentent d'avertir l'opinion publique et les responsables politiques d'un danger, qu'il soit sanitaire ou environnemental.

On parle beaucoup, ces derniers temps, de l'étude du professeur Séralini sur le maïs OGM. Mais l'histoire ne date pas d'hier. L'interdiction de l'amiante, même s'il a fallu des années de combat, doit beaucoup aux lanceurs l'alerte. Ils se battent souvent contre leur hiérarchie. Le toxicologue André Cicolella, par exemple, a été licencié en 1994 de l'Institut national de recherche et de sécurité après avoir alerté sur la toxicité de certains solvants. Il y a bien des manières de museler les lanceurs d'alerte. En coupant leur crédit de recherche, en les placardisant, en les poussant à la démission.

  • D'où cette proposition de loi déposée sur le bureau du Sénat

Il s'agit en effet d'élargir le champ d'application de la loi sur le contrôle des médicaments votée l'an passé, après l'affaire du Médiator. Elle protège les lanceurs d'alertes médicales d'éventuelles sanctions. Il s'agit aussi de créer une haute autorité de l'expertise scientifique chargée d'examiner toutes les alertes et d'apporter plus de transparence dans les expertises menées par les Agences sanitaires, régulièrement accusées d'être juges et parties et d'être polluées par des conflits d'intérêt.

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