Par Sophie Bécherel

paysage de Sibérie, 5 janvier 2011
paysage de Sibérie, 5 janvier 2011 © Radio France / ManuB

C'est en tout cas la conclusion à laquelle sont arrivés des chercheurs américains. Sur la base d'images satellites recueillies entre 1972 et 2006, l'étendue du manteau neigeux automnal en Sibérie permet, selon eux, de prédire l'hiver suivant en Europe. Une méthode statistique, simple et peu couteuse et qui, selon eux, fonctionne plutôt bien. Pourtant, on le sait, prévoir la météo saisonnière sous nos latitudes est beaucoup plus compliqué qu'aux tropiques.

Des Français viennent de reprendre ces statistiques, mais sur une période beaucoup plus longue : plus de 100 ans. Et leur analyse est formelle : sur la durée, la corrélation statistique ne tient pas. La méthode n'est pas fiable.

- Et que proposent-ils d'autre ?

Selon cette équipe du Centre national de recherche météorologique, la prévision, c'est plus complexe et les modèles mathématiques valent mieux que les statistiques.

Car avec ces programmes de simulation, on peut inclure plusieurs paramètres. Certes, il y a la neige de Sibérie, mais aussi, ont-ils découvert, les vents équatoriaux d'altitude, plus précisément ceux qui soufflent à plus de 10 km.

Selon que ces vents bisannuels soufflent d'Est en Ouest, l'hiver sera différent.

Avec des vents d'Est et beaucoup de neige en automne en Sibérie, l'hiver, chez nous, sera froid. Avec des vents d'Ouest et peu de neige, il sera doux. Et si on croise ? C'est là que ça se complique et que la prévision est moins précise. Les chercheurs doivent donc encore travailler.

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