Par Emmanuelle Daviet

L'Insee vient de publier cette étude : 2 millions et demi de personnes sont illettrés aujourd'hui en France. C'est un chiffre en baisse par rapport à 2004, date de la dernière enquête. A l'époque il y avait 3 millions d'illettrés. Et ce que nous apprend aujourd'hui l'Insee, c'est que 51% des personnes en situation d'illettrisme ont un emploi.

Ce sont des personnes parfaitement insérées dans leur entreprise. Elles se débrouillent pour ne pas être confrontées à l'écriture, la lecture ou le calcul. Spontanément, ces employés tentent de cacher leurs difficultés et mettent en place des stratégies pour que leur illettrisme ne soit pas détecté par leurs collègues ou leur patron.

- Mais leur illettrisme ne devient pas un handicap au fil de leur carrière ?

Si, bien sûr, ca freine complètement leur progression dans l'entreprise. Certains salariés ont même confié à l'Agence nationale de lutte contre l'illettrisme qu'ils refusaient des promotions, de chef d'équipe par exemple, alors qu'ils ont les capacités. Mais ils déclinent les propositions parce qu'ils savent qu'ils vont devoir lire, écrire, faire des calculs.

D'où la nécessité de former ces personnes. L'Agence nationale de lutte contre l'illettrisme réclame donc que ce soit déclaré grande cause nationale en 2013 par le Premier ministre. Obtenir ce label permettrait de briser les idées reçues, de montrer qu'il existe des solutions et que l'on peut apprendre, quel que soit son âge. Rappelons que chaque année entre 60.000 et 100.000 personnes bénéficient d'une formation.

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.