ParSonia Bourhan

Parce que ça remonte à Napoléon ! Notre système de notation s'est développé avec l'apparition des diplômes, en particulier le baccalauréat, créé en 1808.

Pour préparer les élèves aux examens, il faut les noter en classe, y compris les plus jeunes à partir de 1933, lorsqu'est mis en place l'examen d'entrée en sixième. L'enseignement secondaire devenant gratuit, l'objectif est clairement de sélectionner les élèves. La note chiffrée apparaît comme le moyen le plus équitable pour évaluer un travail.

Mais en réalité, des études ont montré que les écarts de notes pouvaient aller de 3 à 4 points sur une copie de mathématiques en terminale scientifique, même lorsque les correcteurs se mettent d'accord sur un barème.

  • Pourquoi de telles différences ?

Parce que la note est socialement biaisée. Les sociologues ont établi qu'à compétences égales, les enfants de cadres étaient mieux notés que les enfants d'ouvriers, les filles mieux notées que les garçons, et même les élèves « à l'heure » mieux notés également que les élèves « en retard ».

Le spécialiste Pierre Merle, qui travaille sur ces questions, explique très bien que l'idée de la note exacte est un leurre et qu'elle permet simplement de différencier les élèves, de les classer : les bons, les moyens, les faibles.

Si l'on veut remettre en cause notre vieux système de notation, il faut surtout revoir la conception très élitiste de notre système scolaire.

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