Par Sonia Bourhan

C’est tout l’enjeu de la réforme qui se prépare. En France, la formation de nos professeurs a toujours été centrée sur des savoirs académiques sanctionnés par un concours en fin de cursus, alors qu’ailleurs, chez tous nos voisins européens, c’est une combinaison entre formation disciplinaire et formation professionnelle, très tôt dans le parcours des étudiants.

Les pays nordiques ou même le Québec proposent théorie et pratique simultanément pendant 4,5, voire 6 années. La pédagogie tient une large place.

En France, on sait que c’est ce qui manque aux jeunes enseignants : savoir animer un cours et non pas simplement transmettre des connaissances.

- Est-ce que la réforme qui se prépare actuellement va vraiment changer les choses ?

Sans doute pas complètement. La formation va être rétablie à partir de la rentrée de septembre, avec la création des Ecoles supérieures du professorat et de l’éducation.

Le chercheur en Sciences de l’éducation Régis Malet, spécialiste de la formation des enseignants, craint que la logique académique s’impose de nouveau. Selon lui, il faudrait une orientation précoce vers le métier comme cela se fait dans les pays scandinaves.

Il y a bien les emplois d’avenir professeurs, destinés à des étudiants de deuxième année de licence, qui s’engagent à passer le concours, mais ça ne concerne que les boursiers.

Le SNES, principal syndicat d’enseignants du second degré, souhaiterait un pré-recrutement plus large pour mieux préparer les futurs enseignants à leur métier.

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