La possibilité d'une troisième Intifada au Proche-Orient

C'est la question, lancinante, qui revient ce matin dans Libération, qui consacre ses cinq premières pages à la situation entre Israël et Palestine , moins de 24h après la mort d'un bébé de 18 mois dans un incendie provoqué par des colons israéliens. "Les étés se suivent et se ressemblent dans cette poudrière que sont les Territoires palestiniens", se désole Alexandra Schwartzbrod qui dénonce plus largement le "cancer" de la colonisation qui "année après année, ronge les bases d’un accord de paix, jusqu’à tuer tout projet d’Etat palestinien".

Libé évoque une opinion palestinienne chauffée à blanc depuis plusieurs mois. Le drame d'hier ne va pas arranger les choses. Tout est résumé par un commerçant de Jérusalem Est : "Ce qui nous choque, ce n’est pas que les colons soient cruels, parce qu’on le savait déjà. C’est plutôt que ces gens-là soient encouragés et protégés par leur gouvernement qui les laisse faire ce qu’ils veulent pendant que la communauté internationale ne fait rien à part de beaux discours."

Même inquiétude dans Le Figaro, qui met toutefois en avant la réaction rapide du pouvoir israélien. "Benyamin Nétanyahou a exceptionnellement utilisé l'expression 'terrorisme", qu’il réserve en général à des Palestiniens auteurs d’attentats, pour qualifier les extrémistes israéliens. Les dirigeants israéliens font tout pour se démarquer des auteurs de cet incendie et assurer que cette fois-ci, les coupables seront punis." Et ce ne sera pas simple : Marc Henry explique également que les extrémistes ne sont pas regroupés dans une organisation centralisée, mais éparpillés en une nébuleuse de cellules où l'on est aussi raciste que méfiant.

Il sera aussi difficile pour Benyamin Nétanyahou de convaincre qu'il veut "vraiment" lutter contre cet extrémisme, décrypte le politilogue Denis Charbit dans Le Parisien : "Le gouvernement n’approuve pas les violences, mais il contribue à libérer la parole antipalestinienne, par les déclarations effarantes de certains de ses membres".

L'intervention turque en Syrie toujours controversée

Controversé parce que la Turquie semble avoir changé de cible en cours de route... Au grand dam de son allié américain qui se félicitait pourtant de ce ralliement à la lutte anti-djihadiste. "Les États-Unis ont-ils lâché les Kurdes ?" se demande l'édito du jour, qui pose même la question en des termes plus simples : "L'administration Obama est-elle complice de Recep Tayyp Erdogan, ou s'est-elle fait rouler dans la farine par le président turc ?" En tout cas l'offensive turque s'est clairement réorientée vers les opposants kurdes, pourtant présentée comme héroïque jusqu'ici... "Au sol, ce sont les meilleurs alliés des États-Unis contre les djihadistes. Ce sont eux, et notamment les femmes, qui ont résisté aux islamistes à Kobané", rappelle le Monde.

Désormais ils sont une cible, et l'offensive turque se déroule sur deux fronts : militaire (avec des frappes aériennes contre le PKK) et politique (avec une vague d'arrestations lancée contre les sympathisants du mouvement). Quitte à faire revenir le spectre de la guerre civile. "Nous ne croyons plus en la République turque", résume un responsable local. "Désormais pour nous, la police de l'AKP et Daech, c'est la même chose : des ennemis des Kurdes".

La désastreuse semaine de François Hollande

"Hollande piégé par le chômage et le départ annoncé du ministre du Travail François Rebsamen", titre Le Monde. Le pire, c'est qu'il n'y a aucun lien de cause à effet, mais ces deux coups durs coïncident à un moment crucial. "Le départ de François Rebsamen intervient au pire moment" , analyse Thomas Wieder. "Il eut été logique qu'il reste au moins quelques mois de plus rue de Grenelle, ne serait-ce que pouv assurer le service après-vente de sa loi sur le dialogue social. Il n'en aura pas l'occasion."

Au-delà du côté pratique, il y a aussi une "redoutable équation politique" : "Vieil ami du président, dont il fut le bras droit au PS pendant des années, M. Rebsamen n'était peut-être pas un technicien hors pair en matière de droit du travail, mais sa totale loyauté envers le chef de l'État faisait de lui un homme précieux à un poste-clé". Un poste sur lequel repose tous les espoirs de second mandat pour François Hollande, qui a conditionné sa candidature en 2017 à "une baisse crédible" du chômage : c'était trois jours avant de voir filer celui qui était censé l'orchestrer.

La fin de la Zlatanmania

C'est un sondage Ifop dans L'Équipe magazine qui démonte brique par brique le début de légende que le joueur suédois avait construit au PSG. Et qui se résume en une phrase : le joueur oui (et encore), mais l'homme non. 42 % des personnes interrogées ont une bonne image de Zlatan en tant que joueur, mais 49 % en ont une mauvaise image en tant que personnalité publique. La faute, selon l'Équipe, au fameux incident de Bordeaux, et ce coup de colère contre un "pays de merde" (je cite) Des propos qui ont changé l'opinion de 52 % des supporters, en mal, toujours selon le même sondage. "Le Zlatan qui chambre, le Zlatan qui provoque, le Zlatan qui menace, passe encore. Mais le Zlatan qui insulte, là, ça coince".

Le plus étonnant, c'est que cette mauvaise image finit par écorner aussi son bilan de joueur, pourtant excellent... Mais 69 % des supporters le jugent "surcoté", surestimé. "Un bon joueur, mais pas une légende", tacle même l'Équipe, pour qui Zlatan n'aaurait pas dû oublier cette règle d'or pour tout aspirant héros : un grand pouvoir implique de grandes responsabilités.

Le pays de Pasteur rechigne à se faire piquer

Le Parisien s'interroge sur notre défiance croissante envers la vaccination. "Le doute est beaucoup plus élevé en France que dans la plupart des climats européens", explique la ministre de la Santé Marisol Touraine , qui promet un débat national à l'automne sur la question. Car les opposants aux vaccins, s'ils ne sont pas forcément plus nombreux qu'avant, ils ont trouvé à l'ère d'Internet une formidable caisse de résonance pour leurs idées et leurs pétitions anxiogènes. Pour le virologue Bruno Lima, "le ressenti du bénéfice des vaccins contre des maladies qu'ils ont rendues moins fréquentes s'amenuise"... Autrement dit, les vaccins sont victimes de leur efficacité : puisqu'ils ont quasiment fait disparaître les maladies qu'ils combattent, on se dit qu'ils ne servent plus à rien.

Grossière erreur, pour Jean-Marie Montali, qui rappelle que "les maladies infectieuses voyagent dans le temps et dans l'espace : elles disparaissent et réapparaissent ici ou là en se jouant des frontières". "Ne pas se vacciner, c'est devenir une bombe infectieuse pour les autres" , assure Bruno Lima.

Marianne à la rencontre de la France de la banquette arrière

Partant du constat que plus ça va, moins les sondages nous apprennent quoi que ce soit sur ce que pensent les Français, le reporter Daniel Bernard a décidé d'aller parler à des Français au hasard du covoiturage : 14 trajets de Saint-Malo à Cahors en passant par Montpellier, Nantes, ou Toulouse...

L'exercice n'a certes aucune valeur statistique mais il fait sourire, entre le futur avocat fiscaliste casquette à l'envers qui avoue hésiter à voter Marine Le Pen et le vendeur de peinture qui lance aux politiques "Je ne leur demande rien, qu'ils ne me demandent rien". On y croise aussi un patron de pizzeria qui a voté Sarkozy en 2007, Mélenchon en 2012 et qui pourrait offrir son bulletin à Bayrou en 2017... "Parce que j'aime bien les losers".

Et même, tenez-vous bien, un conducteur qui ne se dit pas déçu par François Hollande. "On oublie que du temps de Sarkozy, on manifestait tous les six mois, alors que là, juste une fois, on a dû défiler contre Macron". Et pas question pour lui d'aller départager Républicains et Frontistes lors d'un éventuel second tour. "Si Sarko est élu avec 80 %, il se croira autorisé à changer la Constitution pour rester président à vie". À méditer sur la route des vacances.

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