Bonjour ! Mais comment font-ils donc ? … Comment font-ils, les candidats à la présidentielle, pour battre campagne sur un tel rythme (le matin ici, l’après-midi là ; métropole-Outre-mer, aller-retour ; Une radio à 8 heures, une télévision à la mi-journée, une réunion politique le soir, et entretemps, divers entretiens accordés à la presse) ? D’où leur énergie leur vient-elle ? … De l’ambition qui les anime depuis leur jeunesse ? Du désir de « servir » leur pays ?... Pas seulement. Pour tenir, il leur faut manger, boire, et dormir raisonnablement en n’omettant pas un peu d’exercice quotidien. LE PARISIEN nous propose ce matin les recettes de ceux qu’ils désignent comme les « favoris » au scrutin du 22 avril. Il s’agit (ça ne vous surprendra pas), de Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal, François Bayrou, Jean-Marie Le Pen. Ils ont un point commun : ils ne fument pas. Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal dorment 7 heures par nuit (pas ensemble, évidemment) et s’abandonnent dans la journée à des siestes fugaces. Cinq heures de sommeil pour François Bayrou ; lectures nocturnes chez Jean-Marie Le Pen qui s’avoue insomniaque et a plutôt tendance à s’endormir quand vient le matin. Tous quatre s’entretiennent physiquement : deux footing de 1 heure et demi par semaine pour le candidat de l’UMP ; un peu de gymnastique et de massage pour sa rivale socialiste ; le chef du Front national commence la journée par des séries de pompe pendant que le président de l’UDF parcourt les rues de Paris au lever du lit, entre 6 heures et 7 heures du matin. Pas de produits dopants, seulement quelques « péchés mignons » énergétiques pour les uns comme pour les autres. Ségolène Royal a un faible pour les barres chocolatés et les petits gâteaux secs fourrés à la confiture de figues ; Nicolas Sarkozy boulotte en permanence du chocolat noir ; François Bayrou mange des kiwis et boit du jus de pamplemousse ; Jean-Marie Le Pen savoure une cuillerée de miel avant chacun de ses discours. LE PARISIEN nous apprend que le numéro un du FN séjourne régulièrement en Suisse, dans un hôtel où l’on propose des séances de « vitalisation » qui cacheraient des formules de ré-oxygénation du sang. Le journal va même jusqu’à donner le nom de cet établissement. Il s’agirait de l’hôtel « Mirador ». L’auteur de l’article se permet cette réflexion douteuse : « Mirador », pour Jean-Marie Le Pen, « ça ne s’invente pas ». Avec un tel régime (l’adrénaline en prime) leur reste-t-il la force de débattre ? … Par médias interposés, oui, certainement ; en revanche, ils ne semblent pas pressés, les uns et les autres, de se retrouver sur un plateau de télévision, ensemble face aux caméras et aux électeurs. Le supplément TV hebdomadaire du MONDE nous le dit clairement : « l’hypothétique débat d’avant le premier tour, réclamé par Ségolène Royal et soutenu par François Bayrou, semble plus que jamais impossible à organiser (…) Au sein des chaines plus personne ne semble y croire ». Les auteurs de l’article du MONDE précisent que, si un débat Sarkozy/Royal/Bayrou avait lieu, il faudrait organiser deux autres émissions avec les candidats restants, ceci afin de respecter l’égalité du temps de parole et d’antenne. Actuellement, certains candidats acceptent de venir… Ils acceptent à condition d’être confrontés à tel ou tel autre de leurs adversaires. « Si l’un se désiste » souligne un producteur, « cela remet en question tout le casting ». C’est la théorie du château de cartes. Une seule fois dans l’histoire des scrutins présidentiels de la Vème République, trois favoris ont débattu AVANT le premier tour dans un studio : c’était un studio de radio, en 1974 ; les trois candidats étaient François Mitterrand, Jacques Chaban-Delmas et Valery Giscard d’Estaing (VGE qui fut élu cette année-là). « Pourquoi je rallie Sarkozy »… La phrase est entre guillemets, elle sert de titre à l’entretien que le seul ministre UDF du gouvernement Villepin, Gilles de Robien a accordé au Journal du Dimanche. Robien y déclare poser inlassablement les mêmes questions, depuis deux ans, au président de son parti François Bayrou : « Es-tu à gauche ou à droite ? Avec qui comptes-tu gouverner si tu es élu ? » Le maire d’Amiens dit ne pas avoir obtenu d’autres réponses que : « On verra le moment venu ». Gilles de Robien ajoute : « Je ne sais pas soutenir le flou, j’appartiens au centre-droit, c’est à ce titre que je rejoins Nicolas Sarkozy. » Ce ralliement qui s’ajoute à ceux de Simone Veil et d’André Santini, les sondages qui indiquent, jour après jour, une baisse des intentions de vote en faveur du candidat de l’UDF, réjouissent ses principaux rivaux. Dans LE MONDE, on peut lire que « pour Monsieur Sarkozy et Madame Royal, le moment Bayrou est fini ». Le président de l’UDF joue aussi de malchance ; il devait présenter demain à Paris son projet présidentiel, il a dû tout décommander. C’est dans le JDD. Le quotidien dominical précise que François Bayrou en déplacement Outre-Mer est bloqué, en raison d’une grève, à l’aéroport de Pointe-à-Pitre en Guadeloupe. Après les incidents de la gare du Nord, notamment, le Journal du Dimanche a commandé à l’IFOP un sondage réalisé jeudi et vendredi auprès d’un échantillon de 958 personnes en âge de voter. A la question : « Diriez-vous qu’en France, au cours des cinq dernières années, la situation en matière d’insécurité s’est plutôt améliorée, s’est plutôt dégradée ou n’a pas changé ? », 45% des sondés répondent qu’elle s’est plutôt dégradée… 52 % d’entre eux considèrent que les relations entre la police et les français se sont, elles aussi, dégradées. Et quand on leur demande « A qui faites-vous le plus confiance pour garantir la sécurité des personnes et des biens ? », quel nom donnent-ils ?... Celui de Nicolas Sarkozy, en premier lieu et loin devant ses rivaux : 43 % pour l’ex-ministre de l’Intérieur contre 15 à Ségolène Royal, 14 en faveur de François Bayrou et 8 % pour Jean-Marie Le Pen. Ce thème de l’insécurité rejoint, dans les colonnes du Parisien, le dossier sur la gratuité des transports urbains. Après les « RMIstes » franciliens qui ne payent plus leur ticket sur décision du Conseil Régional d’Ile de France, faut-il étendre cette mesure à d’autres catégories sociales ? Faut-il même la généraliser et décréter purement et simplement la gratuité totale des bus, métros, RER et tramway ? Mes confrères du PARISIEN nous apprennent que ça se fait déjà dans certaines agglomérations françaises. C’est le cas à Compiègne dans l’Oise, depuis plus de 30 ans. Cette gratuité semble rendre plus sûrs les autobus de la ville et de sa périphérie. Pas de contrôles, pas d’argent à manipuler pour les conducteurs. Et si l’on transporte gratis, chaque année, près de 5 millions de passagers, c’est grâce à la taxe dite du « versement transports » dont s’acquittent toutes les entreprises locales de plus de 9 salariés. Autre thème récent de cette campagne électorale : l’identité nationale. Le Journal du Dimanche, (supplément de Paris Ile de France) nous apprend que « chaque nouveau citoyen français résidant à Clichy-La-Garenne, dans les Hauts-de-Seine, recevra désormais un drapeau bleu-blanc-rouge – ainsi qu’un drapeau européen – lors d’une cérémonie citoyenne ». La première de ces cérémonies aura lieu vendredi prochain. La décision du maire socialiste soutenue par l’UMP et les radicaux de gauche, soulève l’ire des élus UDF, PCF et Verts de la commune. Ils disent « ne pas vouloir prendre part à une surenchère électorale qui aurait pour but de définir qui, de Ségo ou de Sarko, est le plus français. » A l’heure où les candidats à l’élection présidentielle battent la campagne, couleur bleu, blanc, rouge au vent, certains de nos compatriotes font du « démarchage » dans les pays de l’Est pour le compte d’hôpitaux et de communes de France en panne de médecins. Depuis l’adhésion de la Roumanie à l’Union européenne, le 1er janvier dernier, 5000 docteurs en médecine, roumains francophones, attendent de décoller de l’aéroport de Bucarest pour intégrer une unité de soins ou un cabinet médical de l’Hexagone. Chez eux, ils gagnent entre 300 et 700 euros par mois. Pour un zéro de plus sur leur bulletin de salaire, ils veulent bien faire le « grand saut » et revitaliser du même coup le tissu rural français. Les autorités roumaines essaient de les retenir en augmentant de 22 % en moyenne les émoluments des personnels soignants hospitaliers. Dans un autre article, le JDD rapporte les conclusions d’une étude alarmante du fond des Nations unies pour la population. Selon les auteurs de ce document, 20.000 infirmières et médecins africains migrent chaque année vers les pays du Nord, (pour l’essentiel vers l’Europe). Les médecins du Malawi sont actuellement plus nombreux à exercer dans la seule ville de Manchester, en Grande-Bretagne, que dans leur propre pays. Tout à l’heure, j’ouvrais ce kiosque sur les recettes qu’utilisent les candidats à l’élection présidentielle pour courir sans dommage, le marathon dans lequel ils se sont lancés. Et Laure Manaudou, qu’a-t-elle fait pour récolter à Melbourne, aux championnats du monde de natation, deux médailles d’or, deux médailles d’argent, une de bronze, un record mondial, quatre records d’Europe et un record de France ?… Elle répond en page 23 du PARISIEN. « Je ne fais pas tout pour réussir », dit la championne. Frédéric Michel, qui conduit l’entretien, s’en étonne et lui demande un exemple… et là, que lui dit Laure Manaudou ? Elle confie, je la cite : « Ici, à Melbourne, je mangeais mal, je me couchais à minuit ou à deux heures du matin. D’autres s’entrainent plus que moi et ont moins de résultats. Alors, le jour où je ferai tout correctement… » … Ce jour-là, sans doute, beaucoup d’entre nous agiteront un drapeau tricolore pour saluer cette incroyable championne de 20 ans. Cela étant dit, tout ce que je viens de vous dire, le contenu de ce kiosque, relève peut-être d’une bonne, d’une énorme blague. On est aujourd’hui le 1er avril. En apparence, je n’ai rien trouvé dans vos journaux qui puisse s’apparenter à un « bobard ». Dans tout ça, qu’est-ce qui est vrai ? Qu’est-ce qui est faux ?... Allez savoir ! Je vous souhaite un bon dimanche !

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