Bonjour à tous. Bonus et Malus sont dans un bateau. Bonus tombe à l’eau. Qu’est-ce qui reste ? Pas grand-chose répondent les journaux dominicaux, sinon la culture, le foot, le hand et le triomphe de Michel Desjoyeaux, attendu en héros cet après-midi aux Sables d’Olonne. Le TELEGRAMME de BREST, PRESSE-OCEAN, le COURRIER de l’OUEST s’en réjouissent autant ce matin que le DAUPHINE DIMANCHE, le PARISIEN, le REPUBLICAIN LORRAIN. Quant à la culture en fête malgré la crise, l’affluence aux dernières heures de l’exposition « Picasso et les Maîtres » à Paris prouverait selon Jacques Attali, que l’art permet toujours aux sociétés de renaître ! L’économiste-écrivain s’en explique au JOURNAL du DIMANCHE, avant de remettre demain des Globes de Cristal d’honneur à Roberto Alagna et à Dominique Meyer, le directeur du théâtre des Champs-Elysées, appelé à la direction de l’Opéra de Vienne. Alagna, parce qu’il a su rendre populaire le plus haut niveau d’exigence dans l’Opéra. Et Dominique Meyer, parce qu’il symbolise l’énorme travail accompli par des gens moins visibles que les grands artistes, mais sans lesquels ceux-là n’existeraient pas. Crise et culture sont donc liées, comme l’illustre le JOURNAL du DIMANCHE en publiant une photo de la foule patientant samedi à 2 heures du matin pour entrer au Grand Palais. En page 2 et 3, le JOURNAL du DIMANCHE rapproche Picasso et ses visiteurs de l’aube de Bernard Arnault, le mécène et d’Henri Loyrette, le Président directeur du Louvre, tous les deux vainqueurs, puisqu’ils ont eu 750.000 visiteurs. Succès aussi à Nantes, où Bach créé l’événement avec 120.000 billets vendus dès vendredi pour les 236 concerts proposés sur 4 jours. Frédéric Thoral, le correspondant du JOURNAL du DIMANCHE en Loire-Atlantique, s’en réjouit et remarque que pour sa 15ème édition, la Folle Journée de Nantes, bat tous les records de fréquentation. Bonus-malus sont dans un bateau, l’économie tombe à l’eau, qu’est-ce qui reste ? La vie, les rêves, le goût des autres et la recherche du beau. Wolinski dans son dessin de la page 2 du JOURNAL du DIMANCHE, s’en amuse un peu en croquant deux amoureux licencieux. Lui est couché par terre dans une galerie vide de tableaux. Il a les bras en croix et regarde sous les jupes de sa compagne bottée et court vêtue. « Mais on n’expose rien dans cette galerie », s’étonne celle-ci. "Non" répond le libidineux. "Aucun tableau, parce que rien n’est plus beau que le rien ». Plantu, en première page du MONDE daté dimanche-lundi, s’inspire lui aussi, de l’exposition Picasso et les Maîtres, mais en l’appliquant au couple Sarkozy. Vous verrez donc sur son dessin, un Nicolas Sarkozy au visage destructuré, courant vers le Grand Palais en s’écriant : « Faut pas louper ça ». A ses côtés, Carla transformée en cube elle aussi, moitié instrument de musique et moitié visage angélique. Explication dans le bas du tableau caricature : « Femme à la guitare et Pissarko, se rendant à l’exposition ». Plantu est-il bon, est-il méchant, comme aurait pu demander Diderot ? Il est bon et beaucoup plus gentil que la presse, ce dimanche avec Nicolas Sarkozy. Chantal Didier dans l’EST REPUBLICAIN de Nancy plaide pour que les Grands de ce monde à Davos, comme à Paris, fassent preuve de plus d’humilité. Tandis que le billetiste du journal la MONTAGNE ironise sur la mutation du Préfet de la Manche et du chef de la police, après la manif de Saint-Lô, en expliquant que si l’on doit faire ça à chaque déplacement du chef de l’Etat, les casquettes vont valser dans la préfectorale. Laurent Neumann dans MARIANNE, revient sur la manifestation réussie du 29 janvier, avant d’écrire qu’elle marque la fin des illusions du Sarkozysme triomphant. Deux pages plus loin, François d’Assas, qui écrit comme Jean-François Kahn, est beaucoup plus méchant quand il déclare : « Face à un monarque qui proclame, moi, moi, moi, la clameur populaire reprend, c’est lui, c’est lui, c’est lui. Au passage, François d’Assas assure les lecteurs que demain Nicolas Sarkozy tiendra en personne ou avec ses amis, tous les médias. France 2, France 3, France 4, France 5, France 24, France Inter, France Info, France Culture, RTL, LCI et les Echos avec Bernard Arnault, et le FIGARO avec Dassault, TF1 avec Bouygues, et Europe 1 avec Lagardère. Et bientôt Le MONDE et l’EXPRESS. Alors, conclut l’éditorialiste de MARIANNE, on se retrouvera dans une situation de domination ou d’influence du pouvoir politique personnel sur les médias telle que cela n’existe dans aucun pays démocratique et telle que cela n’a pratiquement jamais existé en France. Vichy et le second Empire mis à part. Et cela, évidemment pour peu que la profession découragée se couche, ça peut marcher. Jusqu’au jour où. Toute aussi féroce, dans le NOUVEL OBSERVATEUR, Ségolène Royal griffe tout le monde, amis ou adversaires, réservant à Nicolas Sarkozy une flèche particulière : « Petit gamin déguisé en cow-boy et pas à la hauteur ». Dans le JOURNAL du DIMANCHE, Marie Quenet tempère en expliquant que Madame Royal est critique aussi avec elle-même. « Je m’imagine », dit-elle, « avec des couettes sur le même manège présidentiel. Et elle confesse son côté pète-sec ! ». Bertrand Delanoë, interviewé ce matin pour le PARISIEN, est plus urbain avec tout le monde. Lui, s’entend bien avec Martine Aubry et reproche seulement au pouvoir d’être enfermé dans ses certitudes. Arnaud le Parmentier dans le MONDE, corrige en soulignant que Nicolas Sarkozy sur la crise se multiplie pour obtenir une réunion rapide des Chefs d’Etat de l’Eurogroupe. La France, explique-t-il, juge passives et le déplore à haute voix, la commission de Bruxelles et la Présidence technique de l’Union. Un bon au coeur de la tourmente, Matthieu Pigasse auteur avec Gilles Finkelstein, d’un livre excellent sur le monde d’après, D’après la crise ! Plus méchant, Cavanna dans CHARLIE HEBDO écrit : « Moi, croyez-vous, la Crise avec une majuscule, je la vois comme je voyais l’Occupation. Vous avez connu l’Occupation ? Non, évidemment. La crise, c’est l’Occupation sans les Allemands. Remarquez, ils étaient très corrects, on ne peut pas leur retirer ça. Sans les Allemands, la Crise, donc, mais avec les banquiers. Ca ne chante pas « Halli, hallo », un banquier, mais c’est goinfre pareil. Pire. Quand on voit les parachutes dorés épanouir leur corolle et descendre doucement du ciel complice, on se dit que les beaux jours du marché noir et des lettres anonymes sont revenus ». Méchants, contre Kouchner dans MARIANNE. Contre Pierre Perret dans le NOUVEL OBSERVATEUR. Contre le Pape et sa main tendue aux intégristes dans la VIE. Monseigneur Vingt Trois, dans le PARISIEN. Dans le MONDE, Gilles Bernhein, le grand Rabbin de France, juge abjects les propos négationnistes de l’Evêque Williamson. Est-il aussi méchant le père Hugo ? Méchant assurément : il appelait Sainte Beuve, Sainte Bouse.

L'équipe
(ré)écouter La revue de presse de Frédéric Pommier Voir plus
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.