Ivan LEVAI LE KIOSQUE Dimanche 1er Juin 2008 Bonjour à tous…. Les orages bien sûr, et puis le petit garçon que tous les quotidiens appellent ce matin « l’enfant du lac », avant d’évoquer le drame qui s’est déroulé, dans une maison isolée de Bois-de-Cené en Vendée. Le petit rescapé s’appelle Antoine. Il a huit ans, c’est lui qui, soigné à l’hôpital de Nantes et à peine sorti de son état d’hypothermie, a donné l’adresse et le nom de sa mère assassinée = Anne Deriez, 30 ans, et celui de son dernier compagnon qui a jeté probablement l’enfant dans la nuit de jeudi à vendredi dans l’eau du lac d’Apremont, où un promeneur l’a miraculeusement retrouvé aux aurores. Mais comment, comment avant de lire, ce que la presse peut dire aujourd’hui d’une affaire criminelle, heurtant la sensibilité de tout le monde, ne pas évoquer, ce texte de Jean Loup Dabadie, qu’interprétait si bien Serge Reggiani. « Ce soir mon petit garçon, « Mon enfant, mon amour, « Ce soir, il pleut sur la maison, « Mon garçon mon amour, « Comme tu lui ressembles ! « On reste tous les deux « On va bien jouer ensemble « On est la tous les deux « Seuls » Comment ne pas imaginer aussi le personnel hospitalier de Nantes, au terme des soins intensifs prodigués qui ont permis de ramener à la vie l’enfant victime du malheur des grands et pourrait très bien lui chanter doucement. « Attends, je sais des histoires « Il était une fois « Je n’ai plus de mémoire « Je crois, ne pleure pas « Attends, je sais des histoires « Mais il est un peu tard, ce soir « L’histoire des gens qui s’aimèrent « Et qui jouèrent à la guerre. Robert Badinter, rangeait volontiers ce type d’affaire criminelle, dans ce qu’il appelait le « lieu géométrique du malheur ». La presse, d’Ouest France au Populaire du Centre et de La Montagne de Clermont-Ferrand au Courrier Picard, en passant par l’Est Républicain, Midi-Libre et Le Parisien, en précise ce matin les limites. Oui limites d’un lieu géométrique où les innocents, les victimes, les bourreaux se côtoient. On ne sait pas grand-chose en effet ce matin du présumé coupable toujours recherché, sinon qu’il est ferrailleur et qu’il avait été le dernier compagnon d’Anne Deriez la maman du garçonnet. Selon Anne Cécile Juillet et Pierre Antoine Vanzini du Parisien. L’homme se serait séparé de sa compagne, sans esclandre, il y a quelques jours. Mais on en saura plus la semaine prochaine après la demande d’ouverture par le procureur de la Roche-sur-Yon, d’une information judiciaire pour tentative de meurtre et séquestration, suivies de meurtre. Mes confrères du Parisien, citent au terme de leur reportage les voisins effondrés et les proches d’Anne Deriez la jeune femme assassinée. Elle était disent-ils appréciée de tous, comme son père d’aileurs, le maire de la petite commune de Bois-de-Cené, qui doit être entendu lui dans la journée. Le Journal du Dimanche ajoute que les enquêteurs, attendent de pouvoir à nouveau interroger l’enfant, pour comprendre, tenter de comprendre ce qui s’est passé au domicile de sa maman. Est-ce, écrivent-ils, une dispute qui se serait achevée sur un homicide involontaire ? Pourquoi le petit garçon a-t-il été retrouvé vêtu de son pyjama à trente kilomètres de son domicile. Y-a-t-il été amené par l’agresseur de sa mère ? Autant de questions, notent Julien Fouchet et Jean-Pierre Vergès, qui hier soir demeuraient des questions sans réponse. Peut-être, allez-vous faire comme moi, et lire après cette relation d’un fait divers pas ordinaire, la jolie, la très jolie chronique de Bruno Frappat dans le journal La Croix de ce week-end. Elle est intitulée « petite fille » parce que j’imagine une naissance est venue s’ajouter à la famille de mon confrère… Et celui-ci en profite pour résumer au bébé l’actualité du monde chaotique dans lequel elle vient d’entrer. « Supposez un enfant, écrit Bruno Frappat, une petite fille, venue honorer de sa petite présence notre beau pays de France. Comme, comme les 15 autres nés le même jour, dans la même maternité. Que dire à ces parfaits contemporains, dont l’avenir repoussera l’intensité de notre présent dans les brumes du souvenir. Comment lui décrire le temps qui l’aura vue naître ? Plus tard, plus tard, on lui offrira les journaux du jour de sa naissance… Et le chroniqueur de La Croix d’envisager à ce stade l’angoisse commune d’aujourd’hui sur cette question. Mais qu’y lira-t-on ? « Qu’elle a débarqué sur une planète en émoi, en manque de perspectives, en grande peur de « manquer ». De manquer d’air, de manquer de ressources énergétiques, de manquer d’eau, de manquer de travail, de manquer d’argent, de manquer d’espérance et de solidarité, tout pour moi, rien pour les autres. » Qu’elle est née, tandis qu’en Chine des millions d’humains fouillaient encore les décombres de leur maison … qu’en Birmanie une junte impudente bravée le monde entier, la plus élémentaire humanité de sa raideur effrayante… qu’un homme avait été condamné en France pour des crimes anciens, affreux, multipliés, et qu’on l’appelait monstre… Qu’en Orient la guerre de 60 ans continuait à bas bruits oscillant entre périodes dures et accalmies provisoires… Qu’en Algérie, qui fut française, les Chrétiens n’avaient plus le droit de l’être… Que les Américains hésitaient entre trois personnages pour les diriger… Un blanc, senior, un jeune noir et une femme… Que l’on se demandait combien de temps on pourrait conduire des autos, faire naviguer des bateaux de pêche, boire l’eau des rivières, marcher sur la banquise… Manger des produits naturels…. Le président de la République s’appelait Nicolas Sarkozy et qu’il s’occupait de tout… Que le festival de Cannes avait récompensé un film ou les héros étaient des enfants d’un collège parisien du beau nom de Françoise Dolto qui fit temps et temps pour l’enfant et que la France sortait du long tunnel des célébrations de son mois de mai 68 aux antiques pavés ; quant à l’Europe elle se cherchait des principes, les intérêts ne suffisant pas à la faire aimer de ses peuples mal rassemblés. Voilà, c’est dans La Croix, en 20 lignes… en 20 lignes... Bruno Frappat synthétise le Kiosque d’un mois et nous dit à sa manière que les commémorations de mai, c’est fini… eh oui, c’est fini et bien fini puisque commence aujourd’hui ce matin le 1er juin. Le week-end dernier, c’est Jacques Julliard que je citais qui dénonçait dans le Nouvel Observateur les héros fatigués du printemps 68 et leur logorrhée sur tous les médias, eh bien dans l’Humanité, ce week-end, Charles Sylvestre lui réplique et prend même le contrepied en rappelant tout ce que l’on doit à la révolution d’alors et tout ce que, selon Charles Sylvestre, Jacques Julliard et quelques autres ne veulent plus voir. Un petit florilège politique et esthétique aussi, avant de conclure. Alors, alors, dans Le Parisien, c’est la surprise du jour d’une femme qui a l’air ravie, contente, elle est là, en première page et je vous donne le titre « Aubry revient ». Alors Le Parisien détaille, Aubry naturellement c’est Martine, Martine Aubry et est écrit Parti Socialiste. Aujourd’hui en effet vont se retrouver à Paris les reconstructeurs du Parti Socialiste. C’est merveilleux le mot de reconstructeurs. Une refonte… Et en vedette, précise Le Parisien, Martine Aubry entretient le suspens sur ses intentions mais juge le duel Delanoë – Royal trop réducteur. Je vais vous donner quand même mon sentiment. Vous savez, quand ils sont deux comme çà à se faire la fête, en général, il y a un troisième homme, eh bien là il se trouve que c’est une femme et alors dans le Journal du Dimanche, alors écoutez, c’est marrant, parce que c’est un titre très réservé ; alors il y a : Immobilier, les lieux où les prix baissent, vous avez peut-être déménagés les uns et les autres…. Et alors on voit des footballeurs… C’était hier soir, c’était les Bleus face au Paraguay. Ca ne vous intéresse pas mais enfin le titre est merveilleux ; ça s’appelle « Pas si nuls que ça ». Ils n’ont pas été très bons. Donc ils ont été… enfin, moins mauvais qu’on pouvait l’imaginer. Et enfin, je vais conclure avec toutes les jolies femmes qui font la Une de tous les magazines….

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