Bonjour à tous… « Du lundi jusqu’au samedi, Pour gagner des radis, Quand on a fait sans entrain Son boulot quotidien, Subi le propriétaire, Le percepteur, la boulangère, Et trimballé sa vie de chien… Le dimanche vivement On file à Nogent, Alors brusquement Tout paraît charmant ! ». Jean Gabin, dans « La Belle Equipe » de Julien Duvivier au temps du Front populaire. Un film qui allait marquer pour des décennies, la semaine de quarante heures et les premiers congés payés… J’ai hésité en ce premier mai, où la presse quotidienne fait relâche, entre différents rappels musicaux ! L’Internationale ou le Temps des Cerises ? La Butte Rouge ou les Anarchistes ? La jeune Garde ou la belle Equipe ? Finalement j’ai opté pour la référence la plus consensuelle, puisque certains d’entre vous vont défiler, d’autres travailler, et d’autres encore, se promener. Sans oublier forcément les malheurs du moment… Celui des Grecs privés privés pour longtemps de leurs acquis sociaux. Celui des Américains, victimes d’un désastre écologique assuré, et celui des Européens qui voient s’évanouir leur grand rêve de solidarité, né après-guerre. Quand les lendemains devaient chanter. Ils ont chanté néanmoins depuis le 1er mai 1886, quand la pression de 200.000 syndicalistes américains a permis à la classe ouvrière des Etats-Unis d’obtenir la journée de huit heures. C’est d’ailleurs le souvenir de la manifestation sanglante de Chicago, qui a permis aux congressistes de la IIème internationale socialiste réunie à Paris, de se fixer le même objectif. C’était en 1889, lors de l’Exposition Universelle qui a vu naître la Tour Eiffel et consacrer la France comme l’exposition de Shanghaï illustre la puissance chinoise aujourd’hui. Jusqu’à cette date, on travaillait, dix, douze heures par jour dans notre pays et la bourgeoisie considérait les ouvriers comme des paresseux, des salopards en casquette. 1er mai 1891, à Fourmies, dans le Nord/Pas-de-Calais, la troupe tire sur des manifestants qui défilent. Dix morts, dont la moitié n’ont pas vingt ans. C’est après ce drame de Fourmies, que le 1er mai s’enracine dans la tradition de lutte des travailleurs du continent. A l’époque, et jusqu’à la veille de la guerre de 14, on défilait avec un triangle rouge à la boutonnière, qui symbolisait les revendications de la classe ouvrière. En particulier la lutte pour que la journée soit divisée en trois parties égales : 8 heures pour le travail, 8 pour le sommeil et 8 pour les loisirs. Plus tard, on délaissera le triangle rouge, remplacé par une fleur d’églantine puis par un brin de muguet, cueilli dans les bois de Clamart, de Meudon ou de Saint-Germain-en-Laye. La grosse manif du 1er mai, qui résonne encore dans les mémoires, est celle de 36 qui précédait de deux jours, le 2ème tour des élections du Front Populaire. Celles qui portèrent au pouvoir le gouvernement de Léon Blum. Cinq ans plus tard, à Vichy, Pétain fait du 1er mai de l’occupation la Fête du Travail et de la Concorde sociale. Et la radio de l’époque souligne béatement que ce jour chômé, coïncide avec la Saint Philippe, Saint patron du Maréchal. Hitler, lui aussi s’était rallié dès 1933, le monde ouvrier, en faisant du 1er mai une journée chômée payée. Et aujourd’hui, direz-vous, on fête quoi, on fête qui ? Le travail ou les travailleurs ? Les deux sans soute étant entendu que le marché de l’emploi n’est plus ce qu’il était au printemps 47, quand le gouvernement de la libération faisait du 1er mai un jour férié et payé… et quand les lendemains chantaient avec la paix…. et n’allaient pas, promis juré, cesser de chanter. J’ai sous les yeux, et grâce à Internet, la MARSEILLAISE qui fait sa manchette sur le 1er mai 2010… en affirmant que cette année, ce sont les salaires et les retraites qui figurent au menu des défilés. Les syndicats, précise le quotidien communiste phocéen, appellent à une grande manifestation dénonciatrice du passage en force du gouvernement sur les retraites, afin de peser sur le sommet social du 10 mai prochain. Le MONDE, distribué hier, à Paris, a tourné la difficulté du 1er mai, avec journalistes au repos, en datant son édition… dimanche 2-lundi 3… Après tout, pourquoi pas ! En première page, un titre « Etat de catastrophe nationale aux Etats-Unis », et photo de la marée noire qui gagne la Louisiane et l’Alabama… Un éditorial consacré au rapport France-Chine après le voyage de Nicolas Sarkozy et une contre-enquête sur Freud, qui suscite la haine en France, terre privilégiée des grands affrontements, comme chacun sait. En première page du MONDE de demain et après-demain, à l’interdiction du voile intégral en Belgique et l’accord en vue pour aider la Grèce. Mais prévient mon confrère, l’addition sera élevée. On s’en doutait. Deux questions pour conclure… Quelle est selon vous la Belle Equipe. L’OM ou Auxerre ? PSG ou Monaco ? Et comment ferez-vous demain matin dimanche sans trop de journaux. Je ferai comme Pierre Dac et sa sauce aux câpres sans câpres. Mais avec les magazines dont MARIANNE qui titre : «Sarko est-il facho ?». Mais ils sont forts à MARIANNE, parce que la réponse du dossier c’est : « P’tet bin que oui, P’tet bin que non ? ». A propos, puisque Nicolas Sarkozy revient de Chine, savez-vous que de Gaulle qui au nom de la France, a reconnu le premier la Chine de Mao, s’est vu, plus tard traité de chien par les Chinois. On le lui a rapporté et il a déclaré : « C’est assez plaisant d’être traité de chien par des pékinois».

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