Bonjour à tous… Peu de presse, mais tellement de symboles à revisiter en accéléré. Premier mai du travail chômé et payé ! Premier mai du muguet porte-bonheur… Premier mai du Pape Jean-Paul II (saint parmi les saints) et bienheureux… Premier mai des salariés qui à l’appel des syndicats CGT, CFDT, FSU, UNSA Solidaires et Force Ouvrière, vont aller défiler et manifester. Premier mai différent et concurrent de Marine Le Pen qui ira rendre hommage à Jeanne d’Arc la pucelle, égérie de la droite extrême depuis 1988 ! Premier mai du trentième anniversaire du jour qui vit un socialiste devenir Président de la Vème République. Et dont la commémoration agace si fort le journal MARIANNE qu’il titre déjà : « La nostalgie Mitterrand, ça suffit ! ». Mais qu’importe. Comme disait Saint Augustin : « A quoi bon séparer le temps en trois dimensions : passé, présent, futur. Puisque le passé n’est plus, le futur n’est pas encore, et que le présent coule, insaisissable ! » C’est pourquoi nous dédierons ce matin, à chacune et à chacun, une minute d’histoire-mémoire exprimant tout de la vie : nostalgie et espoir… BOBINO : « Le temps des cerises » A l’origine, la romance que Montand chanta, pour les Chiliens victimes de Pinochet, était une chanson d’amour. Ce n’est qu’en 1866 que le montmartrois républicain militant, Jean-Baptiste Clément, en fit un chant d’égalité sociale… Il était marchand de vins, terrassier, journaliste et avait connu les prisons de Napoléon III, pour avoir défié le pouvoir en place. Avant d’écrire le temps des cerises, « où l’on s’en va à deux, cueillir en rêvant des pendants d’oreilles », il avait crié : « A bas les exploiteurs : A bas les despotes ! A bas les frontières ! A bas les conquérants ! A bas la guerre ! Et vive l’égalité sociale ! » Communard en 1871. Condamné à mort en 74. Exilé, puis amnistié cinq ans plus tard. Clément de retour en France, fonda la fédération socialiste des Ardennes et mourut à 66 ans en 1903, deux ans avant la séparation de l’Eglise et de l’Etat. Un siècle s’est écoulé… mais on chante encore, au moins le 1er mai : « J’aimerai toujours le temps des cerises C’est de ce temps-là que je garde au cœur Une plaie ouverte Et dame Fortune, en m’étant offerte Ne saura jamais calmer ma douleur J’aimerai toujours le temps des cerises Et le souvenir que je garde au cœur. » Alain Baraton a dit tout à l’heure l’origine de la tradition du muguet, et du Premier mai, adopté d’abord par la IIIème internationale, avant de devenir fête du travail, pour le régime nazi et son complice : celui de Vichy. C’est le 24 avril 1941, jour de la Saint Philippe, que Pétain et son ministre René Belin, ancien dirigeant de la CGT, officialisèrent le 1er mai, fête du travail… Il faudra attendre 1947 pour faire du 1er mai, un jour chômé et payé. Le muguet blanc est resté, remplaçant la petite fleur rouge des premiers manifestants. Bertrand le Gendre, dans le supplément radio-télévision du MONDE, daté par anticipation lundi 2 mai 2011, écrit ceci dans sa chronique Pixel de dernière page. « 1er mai, jour du muguet ! Un clic et des brins virtuels s’affichent sur votre écran. Un second clic et les voilà partis à destination de votre moitié, de votre maman ou de qui vous chante. C’est propre, rapide et ça ne coûte pas un sou. Evidemment, si vous aimez humer l’odeur printanière de leurs clochettes, effleurer leur fourreau qui sent bon le sous-bois… De tous les petits riens glanés sur la Toile au mois d’avril, ces brins virtuels sont les plus dérangeants. Ils nous parlent d’un monde où les courriels ont remplacé le courrier. Où bientôt, il n’y aura plus de librairies – Amazon et ses semblables sont là pour ça -, plus de kiosques à journaux. Plus de fleuristes non plus. » Et la chronique de Bertrand le Gendre, à lire évidemment est titrée : « Même le muguet circule sur le Net ». Le MONDE daté lundi 2 mai, fait aussi beaucoup sur la radio-télévision. En affirmant tout d’abord que la grille de rentrée de France Télévisions suscite la suspicion, parce que Rémy Pflimlin va supprimer les magazines de Guillaume Durand et Franz-Olivier Giesbert. Ce que dément le PDG de France Télévisions qui invoque les nécessités du changement, de la jeunesse à intéresser aux programmes de seconde partie de soirée et des faibles audiences de mes confrères… Dans le MONDE, toujours, un éditorial qui applaudit le talent de Géraldine Muhlmann, de France 5, mais demande aussi pourquoi la promotion de la chaîne souligne « Sa fraîcheur », alors qu’elle est bardée de diplômes. Dans le MONDE enfin, Denis Olivennes d’Europe 1 explique, qu’il va « remuscler » l’info de sa radio. Remuscler… Ce n’est pas joli ! Il dit aussi qu’Arlette Chabot, patronne de la rédaction, est indépendante. La preuve, elle a des relations aussi difficiles avec Nicolas Sarkozy qu’avec Martine Aubry. Bigre ! Et quand comme certains d’entre nous, à France Inter, on a de bonnes relations, avec le Président de la République et la première secrétaire du PS… On n’est pas indépendant ? Dieu merci, en dernière page du MONDE, Michel Onfray plaide pour le dialogue contre la polémique, en citant Camus, dont il a tout relu.. Et qu’il préfère à Sartre… Je le cite : « Le XXe siècle est, chez nous, le siècle de la polémique et de l’insulte ». Qu’est-ce que la polémique ? « Elle consiste à considérer l’adversaire en ennemi, à le simplifier par conséquent et à refuser de le voir. Celui que j’insulte, je ne connais plus la couleur de son regard. Grâce à la polémique, nous ne vivons plus dans un monde d’hommes, mais dans un monde de silhouettes. ».

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