Recevoir son poids en journaux n’annonçant que des bonnes nouvelles…

Parfois, lorsque l'on participe à un concours – un jeu télévisé, un jeu dans une kermesse, un jeu dans un grand magasin – il arrive que le lot à gagner soit un lot proportionnel à notre poids.

Gagner son poids en chocolat, en madeleines ou en saucisson… Gagner son poids en aubergines, en choucroute ou en fromage blanc… Gagner son poids en stylos-billes, en shampoing ou en laine de verre… Son poids en laine de verre, c’est très intéressant quand on a des travaux à faire… « Mais toi, si tu pouvais recevoir ton poids en quelque chose, ce serait quoi ? » __ C'est la question qu'a posée le lumineux mensuel NEON à une vingtaine de jeunes gens rencontrés par ses journalistes aux quatre coins du pays. Une question farfelue, mais les réponses ne manquent pas de poésie.

Réponse de Marylou, 16 ans – Marylou, elle habite à Lyon : > Je voudrais mon poids en graines de fleurs, pour pouvoir redonner des couleurs à ma ville.

Réponse d'Erika, 28 ans – Erika habite à Rodez :

Je voudrais mon poids en livres pour pouvoir construire un mur devant ma télé. Et mon homme devra tous les lire avant de pouvoir la rallumer.

D'autres disent rêver de recevoir leur poids en diamants, leurs poids en billets de banque ou en billets d'avion. De son côté, une jeune lilloise confie qu'elle, ce qu'elle aimerait, c'est « son poidsen larmes de Donald Trump » .

Quant à Annabelle, parisienne de 31 ans, à la question « Si tu pouvais recevoir ton poids en quelque chose, ce serait quoi ? », elle répond :

Mon poids en journaux qui annonceraient uniquement des bonnes nouvelles.

Mais les bonnes nouvelles, ce n'est évidemment pas la spécialité des journaux. Pour preuve : le quotidien LE MONDE , daté de demain. On le feuillette et on fait la tête : mauvaises nouvelles toutes les deux pages.

« Au Congo-Brazzaville : répression à huis-clos. » Depuis sa réélection - une réélection contestée, Denis Sassou-Nguesso met tout en œuvre pour faire taire l'opposition.__

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« Braconnage en Afrique : chaque année, 30.000 éléphants sont tués pour leurs défenses. » Et ils sont désormais moitié moins qu'il y a trente ans.

Et puis, à la Une du journal, c'est « Le martyre sans fin d'Alep » . Photo d'un homme levant les bras, dans la poussière et les gravats de la deuxième ville de Syrie.

Lire le reportage que signe Laure Stephan, qui nous décrit l'enfer vécu par la population de l'ancienne capitale économique du pays. Une ville coupée en deux avec, d'un côté, les quartiers sous contrôle de l'armée et, de l'autre, ceux qui sont tenus par l'opposition. Les premiers subissent les obus des groupes rebelles. Les seconds subissent les bombardements du régime. Bombardements massifs, des frappes par dizaines, qui visent tout à la fois des commerces, des écoles et des structures médicales. Il y a trois jours : un carnage dans un hôpital pédiatrique. Au moins 50 morts, des patients et du personnel. Et depuis le 22 avril, date de la reprise des affrontements à Alep, ce sont 250 civils qui ont été tués dans la ville.

Il y a quelques heures, les Etats-Unis ont réclamé le rétablissement du cessez-le-feu dans toute la Syrie. Et, en tout premier lieu, la fin immédiate des bombardements sur Alep. Témoignage d'un habitant vivant sous contrôle rebelle : « Aujourd'hui, raconte-t-il,toutes les rues sont vides. Les gens restent chez eux. Ils attendent de mourir. »

En France, c'est une actu nettement moins douloureuse qui dominera ce dimanche... Dimanche 1er mai : journée de manifestations.

1er mai syndical, avec des cortèges qui verront défiler cote à cote Force Ouvrière et CGT, une première depuis 2009. Dans un climat tendu, suite aux nombreux débordements des rassemblements de jeudi, un mot d'ordre commun pour les deux organisations : toujours exiger le retrait du projet de loi réformant le code du Travail. Une revendication que portent aussi les militants du mouvement 'Nuit Debout', mouvement qui enthousiasme l'hebdo POLITIS , lequel espère qu'on s'achemine vers « une convergence des luttes » . Enthousiasme également du philosophe Jacques Rancière, lequel estime, sur MEDIAPART , que l'on assiste ici à « la transformation d'une jeunesse en deuil en jeunesse en lutte » .

Mais une jeunesse qui, pourtant, ne semble pas inquiéter le conseiller du président de la République Bernard Poignant. Ex-député maire de Quimper, Poignant est agrégé d'histoire et voilà ce qu'il a récemment confié à CHALLENGE . « J'ai vérifié : il n'y a jamais eu de révolution qui se soit faite la nuit. Même les révolutionnaires dorment la nuit. » Il est parfois des 1er mai qui ressemblent à des 1er avril, mais bon, on se rassure comme on peut…

Deux autres commentaires politiques dans l'hebdomadaire.

Commentaire de la ministre Laurence Rossignol sur François Hollande : « On lui dit des choses épouvantables, et pourtant ça ne l'affecte pas. Tout glisse sur lui comme sur les plumes d'un canard. Personne ne l'entend jamais se plaindre. Il a des capacités d'encaissement hors du commun et cela, déjà, devrait forcer l'admiration. » Le compliment devrait lui faire au moins autant plaisir que s'il recevait en cadeau son poids en chocolat !

Et puis, très sévère commentaire de Nadine Morano sur Nicolas Sarkozy :« Malgré ses qualités exceptionnelles, les gens n'en veulent plus, dit-elle. Sarkozy, c'est fini. Et Hollande, c'est pareil. » Reste à savoir évidemment si les gens veulent encore... de Nadine Morano !

Enfin, à l'occasion de cette journée du 1er mai, une enquête plutôt réjouissante dans les colonnes de PELERIN : les trois quarts des salariés français se disent heureux dans leur boulot ! C'est du moins ce que révèle un sondage de l'IFOP, sondage qui semble contredire les données, pourtant récurrentes, sur la souffrance au travail. Celle-ci, toutefois, n'en demeure pas moins une réalité. Notamment chez les ouvriers, dont plus d'un tiers se disent « plutôt pas heureux » , voire « pas heureux du tout » de leur métier.

Et bien sûr, qui dit 1er mai dit aussi brin de muguet ! En langage journalistique, on appelle ça un marronnier. Le muguet, c’est un marronnier. Et ce matin, j'avoue que je vous aurais bien offert votre poids en brins de muguet. Mais sur le site HUFFINGTON POST , j'ai lu un article qui a freiné mon enthousiasme. « Le muguet est toxique, ne laissez pas vos enfants s'en approcher de trop près. » Une toute petite quantité de muguet, ou de l'eau dans laquelle il a été trempé, peuvent en effet causer une intoxication : des troubles digestifs, voire des troubles cardiaques. Chaque année, "le lys des vallées", comme on le surnomme joliment, conduit plusieurs centaines de personnes à l'hôpital.

Et puis, de son côté, L'HUMANITEDIMANCHE s'est penché sur le sort des saisonniers du muguet. Les tâches physiquement difficiles, et les journées sont longues, très longues. On parlait de souffrance au travail : en voilà un exemple.

La tête en bas, pliés en deux, dès 5 heures du matin, ils sont, depuis quinze jours, près de 5.000 à bosser sur les 25 exploitations de Loire-Atlantique qui produisent 80% de la production française. On trouve parmi eux de nombreux étudiants, et de plus en plus de retraités, en quête d'un revenu d'appoint pour pallier une pension trop faible. Et puis il en y a également qui viennent du Portugal ou des pays de l'Est. Or beaucoup de ceux-là sont contraints de camper à côté des exploitations, et ce, « sans même avoir accès à l'eau potable » , s'indigne la CGT du département, qui dénonce « des conditions de vie indignes ». Titre de cet article : « Les exploités des clochettes » .

Les conditions de travail des acteurs noirs en France ne sont pas non plus très enviables.__ Et c'est le dossier à la Une du mensuel CAUSETTE.

Après la polémique sur les Oscars trop blancs, il faut balayer devant notre porte, estime le magazine, dans ce dossier qui révèle combien les clichés ont la vie dure, tant à la télé que dans le cinéma français. Témoignages d'actrices, des actrices noires qui racontent leur grande difficulté à décrocher des rôles à la mesure de leur talent. On ne leur propose de jouer que des nounous, des femmes de ménages, des délinquantes, des prostituées, des droguées. Éventuellement des rôles de flics, mais rarement des rôles de juges, d'avocats, d'élues politiques. Et y compris sur les tournages, la différence se fait sentir. Par exemple, les maquilleurs et les coiffeurs de cinéma ne sont souvent pas à même de s'occuper d'elles : pas qualifiés pour s'occuper des peaux noires ou des cheveux crépus. Du reste, même pour les doublages, il y a de la discrimination, nous apprend Clarence Edgard-Rosa, qui signe ce dossier. Dans le doublage, il est clairement dit que les Noirs ont des voix de Noirs, et que les Asiatiques ont des voix d'Asiatiques. En revanche, la voix des Blancs, elle, n'a pas de couleur. C'est ainsi que les comédiens blancs peuvent doubler toutes les voix, celles des Blancs, celles des Noirs et celles des Asiatiques. A l'inverse, les comédiens noirs ne peuvent doubler que les Noirs.

Sinon, saviez-vous qu'au Japon, on cultive des pastèques carrées ? Non, vous ne le saviez pas ? Eh bien c'est à lire, de nouveau, dans l'excellent mensuel NEON . A la page consacrée aux savoirs inutiles, donc totalement indispensables.

Une page où l'on apprend aussi que regarder en couple des films romantiques diminue fortement le risque de divorce .

Une page où l'on apprend que les gros seins ne donnent pas davantage de lait .

Où l'on apprend en outre que lors d'un orage, l'épaisseur moyenne d'un éclair est de trois centimètres .

Et puis, une dernière pour la route, une dernière info inutile, mais totalement indispensable : la grande majorité des chevaux gauchers portent à droite – leur crinière, je veux dire . Ils portent leur crinière à droite. Si, donc, vous croisez un cheval qui porte sa crinière à droite, a priori il est gaucher ! Retenez, ça peut toujours servir.

Et pour finir, sachez que dans le bureau de Patricia Martin, j’ai fait livrer, ce matin, son poids en pastèques carrées et, ce n'est pas tout, ça va lui plaire : son poids, aussi, en laine de verre ! C'est très intéressant quand on a des travaux à faire.

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