Bonjour à tous. Que choisir ? Airbus ou Boeing ? Biarritz ou le Stade Français ? Bernadette Chirac ou Carla Bruni-Sarkozy ? François Léotard ou Max Gallo ? Ceux qui produisent des salades pour un prix dérisoire, ou ceux qui les vendent à plus d’un euro ? Et je pourrai ajouter les dilemmes du week-end prochain. Pour qui voter : la gauche ou la droite ? Le Modem-rose ou le Modem-bleu ? Et quel enjeu ? National ou local ? Car si le choix est facile à Paris, Marseille, Bordeaux, Strasbourg et Lille… Que faire à Mulhouse entre l’ex-socialiste Jean-Marie Bockel, ouvert à l’UMP et son ancien adjoint, Monsieur Freyburger qu’il doit affronter ? Et qui choisir à Deauville, cette banlieue-chic côtière, où le maire Philippe Augier, Bayrouiste-Sarkozyste, n’a plus qu’un seul rival en face de lui et est donc assuré de l’emporter ? Thèse, antithèse, synthèse, nous conseillait-on autrefois au lycée afin de disserter à la française… Mais aujourd’hui, que faire chers confrères face au choc des images et la brutalité des sons ? Comment choisir entre le mot et la chose et toutes ces publications ? Le POINT, MARIANNE ou le NOUVEL OBS, le FIGARO ou LIBERATION. Je vous invite aux deux mes capitaines : fromage et dessert avec en prime et pour application immédiate ce mot de Thomas Jefferson : « Ce que tu es parle si fort, qu’on n’entend plus ce que tu dis ». Je vais donc chuchoter qu’il y a dans la presse aujourd’hui, deux patrons clairement opposés. Monsieur Denis Gautier-Sauvagnac qui a quitté l’UIMM sans rien dévoiler des destinataires des 19 millions d’euros, envolés de son syndicat patronal pour fluidifier les relations sociales… Plus, comme le révèle MARIANNE, un parachute de départ d’un million et demi d’euros, ce qui fait chère la poire pour la soif… Ou Louis Gallois à la tête de l’avionneur EADS, lequel grand patron vient de doubler Boeing en vendant à l’armée américaine, 179 Airbus-330, version ravitailleurs en vol, pour 40 milliards de dollars ? La moitié du périmètre de la Société Générale, avant Jérôme Kerviel. Ne le répétez pas à Laurence Parisot revenue de vacances suite aux révélations sur DGS, mais si choix il y a, nous choisissons Louis Gallois. Le dilemne en revanche est plus tranché en ce qui concerne la droite bling-bling et la gauche bingo. C’est ainsi que le SATIRICON, journal rebelle toulousain, qui se présente comme le journal de ceux qui aiment la castagne, évoque le duel de dimanche prochain, entre le maire Jean-Luc Moudenc et son challenger Pierre Cohen. Difficile aussi, à propos du match de rugby qui va opposer cet après-midi un Stade Français sûr de lui au Biarritz Olympique, son frère ennemi comme l’appelle France SOIR aujourd’hui. Je l’avoue en effet, si mon cœur est biarrot, ma raison est à Paris, comme la vôtre, Stéphane Paoli. Dilemme encore, avec à la première page du FIGARO ce samedi, Bernadette Chirac candidate au Conseil Municipal de Sarran en Corrèze, qui répond aux questions de Philippe Goulliard et lui dit ceci : 1)« Nicolas Sarkozy est fantastique. Il a un grand charisme. C’est un excellent orateur, formé à l’école de Jacques Chirac. Il faut le soutenir. 2) A propos du même Nicolas Sarkozy, Bernadette décidément très chouette, explique qu’il est obligé de mettre en place les réformes très vite, parce que son mandat n’est que de cinq ans. 3) Tout va bien pour Jacques Chirac, qui va voyager en Chine, au Japon et qui en attendant, reçoit Quai Voltaire, des sacs de courrier.. 4) Enfin, Madame Chirac, postulante à un septième mandat local à Sarran, remarque à propos des médias… et de certains élus… qu’ils attaquent aujourd’hui Sarkozy, après l’avoir encensé comme jamais il y a neuf mois. » La CROIX et OUEST-FRANCE vont un peu plus au fond des dossiers. Dans le dernier journal cité, François-Régis Hutin voudrait bien qu’on cherche d’autres voies, au problème de la rétention des récidivistes. Et dans la CROIX, Anne-Bénédicte Hoffner signe un passionnant dossier sur l’Eglise et l’engagement politique. Elle y insiste sur un fait : « la conférence des évêques reconnait la légitimité des catholiques à intervenir dans le champ politique » Dans sa chronique, Bruno Frappat ne s’en prive pas, quand il s’indigne du silence de tous en France, lorsqu’un prêtre du diocèse d’Oran, le Père Pierre Wallez est condamné à un an de prison (avec sursis) et 200.000 dinars d’amende, pour avoir prié le lendemain de Noël avec un petit groupe de Camerounais chrétiens qu’il accompagnait « en dehors d’un lieu autorisé comme lieu de culte ». Et Frappat de commenter : « Au moment où la France, bonne fille, multiplie ici les constructions de mosquées, l’Algérie officielle se crée de l’autre côté de notre Méditerranée commune, des ennemis chrétiens qui ne font pourtant peur à personne. » Sans doute… sans doute… Encore que l’on peut lire dans le même la CROIX, ce billet du philosophe Armand Abécassis, qui rappelle que Jésus était juif pratiquant... On lit aussi, dans le supplément littéraire du MONDE qu’une campagne commence en France, contre l’invitation de 39 écrivains israéliens, invités du Salon du Livre. 39 écrivains, qui pour la plupart militent pourtant en faveur d’un Etat palestinien… Que choisir, l’intolérance, le sectarisme ou la force de la littérature ? Je vous propose deux lectures pour ce week-end de neige peut-être et de ciel gris. François Léotard dans le NOUVEL OBSERVATEUR. Max Gallo dans le POINT. Le premier signe un pamphlet bien écrit contre Nicolas Sarkozy, le second un article contre les Sarkozystes d’aujourd’hui. Extraits choisis. « Depuis que tu es à l’Elysée je suis inquiet. Qu’est-ce qui t’a pris exactement ? Je lis dans un journal que désormais la police française arrête des enfants. J’ai suivi avec consternation le morceau de grand Guignol qui t’a mis dans les bras de Kadhafi. J’apprends que tu as une "plume" qui te fait dire des bêtises. Il parait que tu n’écoutes plus ceux qui t’entourent. Tu aurais même traité mon ami Martinon d’ « imbécile ». Et ce pauvre Fillon avec ses beaux yeux de labrador. C’est pas bien tout çà, Nicolas. Je te le dis parce que nous avons grandi ensemble. Et puis ces histoires d’ADN pour le regroupement familial, ce n’est pas toi ! Tu t’es fait déborder par quelques malades de l’UMP. Des frénétiques. Tu as raison de citer Guy Môquet. Cette jeunesse-là, intacte et fervente, qui s’abat d’un seul coup, laissant derrière elle le grand silence du courage, cette jeunesse-là, elle est belle et sans doute plus belle que la nôtre… » Extrait de l’article de Max Gallo : « La République est en danger, soyons vigilants. Certes pas d’écoutes téléphoniques, pas de GIGN pour monter la garde autour d’une deuxième famille cachée, pas de fils à l’Elysée. Mais il n’a pas lu Chardonne. Et peut-être ne peut-il pas réciter du Saint-John Perse ! »

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