Bonjour à tous… Une fois l’an, journaux et radios consentent à parler de la mort, du chagrin qu’elle provoque et des rituels qu’elle a fait naître chez tous les peuples de la planète. Le reste du temps, comme le souligne dans le JOURNAL DU DIMANCHE le philosophe Damien le Guay, la mort est escamotée pour ne pas gêner ! On la banalise dans les médias et au cinéma, mais on l’évacue de nos vies. On refuse de la voir, comme si elle était un échec isolé, médicalisé, aphone en quelque sorte. Pourtant, il y a encore cinquante ans, dans notre pays, la mort se déclinait en trois temps. Celui du mourant, celui de la cérémonie, et celui du souvenir. Aujourd’hui, regrette Damien le Guay, le mourant a disparu, il n’y a plus que les malades. Du coup, tout ce qui n’est pas dit, et qui pourrait cicatriser les blessures de l’enfance, n’a plus le temps de se régler. Combien de dépressions ont pour origine un deuil mal fait ? C’est pourquoi les rites qui demeurent jouent un si grand rôle. Ils remettent de l’ordre dans le désordre imposé par la mort. Ils marquent la séparation des morts et des vivants… Dans le cercueil, avec le corps du disparu, on met aussi ses souvenirs, son affection, et on ferme la boîte, en dehors de toute connotation religieuse. Ce besoin-là, conclut le philosophe interrogé par le JDD, est intact aujourd’hui, mais le temps de la cérémonie et du deuil codifié se sont considérablement rétrécis. Sait-on seulement qu’au décès de sa mère, Marcel Proust s’était enfermé huit mois tout seul dans un hôtel ? Et se souvient-on, ici, à « France Inter », du regretté Pierre Desproges, mort à 48 ans, et capable d’ironiser quelques mois avant sa disparition, dans un sketch, intitulé, « dernières volontés ». « D’ores et déjà, disait-il, j’ai décidé de faire don de mes abats à la science. S’il reste des morceaux après prélèvements, je souhaite vivement qu’ils soient jetés dans un sac poubelle bleu. Ça me rappellera mes vacances à Corfou ». Et pour mieux insulter le malheur, Desproges dénonçait le prix des funérailles en s’écriant : « La mort devrait être un service public gratuit pour tout le monde. Gratuit comme la naissance ». Ce qui ne l’empêchait pas de regretter l’heureux temps chanté par Brassens, où les gens avaient à cœur de mourir plus haut que leur cul. « Un temps hélas révolu, disait-il, car on vit dans une démocratie couchée, et il est naturel que les morts donnent l’exemple de l’humilité ». La conclusion des « Dernières volontés » de Desproges, vous la connaissez… « C’est drôle, disait-il, à 40 ans passés, le jour de la mort de Brassens, j’ai pleuré comme un môme. Alors que, c’est curieux, le jour de la mort de Tino Rossi, j’ai repris deux fois des moules… » Mais bon, assez parlé des morts… On ne devrait parler que de ce qu’on a vu. On dirait moins de « Sonneries ». Encore que… si on ne devait parler que de ce qu’on a vu… Est-ce que les curés parleraient de Dieu ? Est-ce que Giscard parlerait des pauvres… Le pape, du stérilet de ma belle-sœur ? Est-ce que les communistes parleraient de liberté, et moi des communistes ?... Desproges. Dans son dossier « Loisirs dimanche », LE PARISIEN vous invite à profiter de la Toussaint, pour vous rendre, si vous le pouvez, au Père-Lachaise, afin de retrouver quelques tombes-star… Et quelques « cendres de conséquences » comme disait Brassens. Mon confrère Jean-Marc Navarro a fait le voyage avec Thierry le Roi, l’historien du grand cimetière de la capitale.. Il s’est arrêté devant les tombes de Balzac, Molière, La Fontaine, Musset, sans oublier celle d’Edith Piaf, de Gilbert Becaud, de Salvador, du couple Montand-Signoret, de Jim Morrisson, d’Alain Bashung sont là eux aussi. Tout comme Frédéric Chopin et Ginette Neveu, la violoniste morte aux Açores, en même temps que Marcel Cerdan. Ginette Neveu, dont Frédéric Lodion parlait si bien dans son émission, vendredi dernier sur France Inter. Un mot tout de même, car Desproges voulait que ses cendres soient dispersées sur la tombe de Chopin, mais l’administration des cimetières a refusé. Interdit. Alors la famille a acheté une petite concession, pas loin, pour respecter le testament du défunt. Voilà pour les morts avec sépultures… Restent les autres… La presse rhône-alpine évoque aujourd’hui la manifestation de l’association lyonnaise des sans-abris sans sépulture… 19 Sdf dont elle publie les noms, et pour lesquels elle organise un enterrement symbolique. « Pas de chrysanthèmes non plus pour les fous » écrit Claudia Courtois, dan LE MONDE MAGAZINE à partir d’un reportage réalisé à Cadillac en Gironde, dans un cimetière d’aliénés. Le cimetière en question est en face de l’hôpital psychiatrique, et montre des croix de fer fichées en pleine terre dans des trous aussi anonymes que peu profonds. Explication de Claudia Courtois… A Cadillac, aujourd’hui, vivent plus de 700 malades mentaux libres ou enfermés…. Près de 4000 autres reposent dans le cimetière voisin en déshérence. Un tabou pour certains habitants, un combat pour quelques citoyens qui veulent réhabiliter cette mémoire. Parmi eux, un criminologue Michel Benezech, qui a identifié près de 1000 tombes de ce cimetière qui témoigne d’un passé asilaire unique en France. Réjouissez-vous… néanmoins, titre l’hebdomadaire REFORME… parce que les protestants français sont en fête… Attention cependant, préfère titrer « La Croix »… Attention aux morts prématurés qui ébranlent la foi. Tandis que François Régis Hutin, insiste dans son éditorial d’OUEST-France sur les deux journées du calendrier de novembre… avec le 1er, fête de tous les saints, et le second, jour des morts. Et l’éditorialiste de saluer tous ceux d’entre nous qui marchent aujourd’hui et demain vers les cimetières, avec ce titre optimiste… « On ira tous au paradis »… Tous… Il faut voir, et il faut croire. Comme disait Woody Allen… « L’éternité, c’est long, surtout vers la fin, et quand j’y songe, je me demande si je trouverais là-haut de quoi faire la monnaie de vingt dollars ». Un numéro spécial de Science et Vie : « Pourquoi meurt-on… Qu’est-ce que la mort ? La mort, aujourd’hui, de tous les points de vue. Ce qui me conduit naturellement vers le débat que nous aurons la semaine prochaine avec Eric Besson…. Sur l’identité nationale… J’y viens avec un sondage et un test rapide des uns et des autres sur le 7ème couplet de la Marseillaise… J’en vois qui ne le connaissent pas… « "Nous entrerons dans la carrière Quand nos aînés n'y seront plus, Nous y trouverons leur poussière Et la trace de leurs vertus (bis) Bien moins jaloux de leur survivre Que de partager leur cercueil, Nous aurons le sublime orgueil De les venger ou de les suivre" LE PARISIEN DIMANCHE publie un sondage très complet sur l’attitude des Français face à la Marseillaise, face aux valeurs de la République… Et selon ce sondage CSA, 88% des Français interrogés pensent que le drapeau tricolore est important, 77% que la Marseillaise est sacrée. Et electeurs de droite comme de gauche affirment que les symboles de la République sont fondamentaux. Et dans le JOURNAL DU DIMANCHE, Jean-Pierre Raffarin et 24 sénateurs UMP publient une tribune dans laquelle il explique pourquoi ils refusent la réforme de la taxe professionnelle. Je voudrais faire la promotion d’un journal, LE NOUVEL ECONOMISTE. A lire, une interview formidable qui nous demande d’échapper à la bien-pensance générale, et qui nous dit que dans les combats de toujours, il y en a un, celui de la laïcité, de l’Egalité des chances, de l’universalité des droits de l’homme, et bien sûr le féminisme, combat auquel vous devez tous, hommes et femmes, participer.

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