Quelques questions embarrassantes… Quand on postule à un emploi, il arrive qu'on soit confronté à des questions embarrassantes. Mais quand on postule à un emploi chez APPLE, la première entreprise du monde en termes de capitalisation boursière, les questions auxquelles on est confronté dépassent vraisemblablement tout ce qu'on peut imaginer, comme le révèle ce papier de RUE89, qui dresse la liste des questions posées au cours des entretiens d'embauche de la marque à la pomme… « Pouvez-vous expliquer à un enfant de 8 ans les fonctions d'un modem ? Que feriez-vous pour diminuer le prix de revient d'un stylo bille ? Quelle a été votre meilleure journée durant les quatre années qui viennent de s'écouler ? » Parfois, ça vire même au problème de logique : « Vous mettez un verre d'eau sur un tourne-disque et vous augmentez la vitesse : qu'arrive-t-il en premier ? Le verre glisse ou l'eau éclabousse ? » Pour finir, la question qui tue : « Êtes-vous quelqu'un d'intelligent ? » Difficile de rétorquer par l'affirmative si l'on n'a pas su résoudre le problème précédant. Cependant, ce matin, dans la presse, il est des interrogations qui paraissent encore plus complexes que celles posées chez APPLE. Ainsi, à la Une de OUEST France :« Le crash de l'avion russe : un accident ou un attentat ? » Pour le moment, personne n'est en mesure de donner la réponse. La seule certitude, c'est qu'il y a eu un crash, dans lequel 224 personnes ont été tuées hier sur le sol égyptien. En attendant les résultats de l'enquête, Air France, comme la Lufthansa ont décidé de ne plus survoler la zone du drame. Et les résultats de l'enquête, on ne les aura que lorsque les boîtes noires auront été analysées. Sachant qu'à l'heure qu'il est, deux théories s'opposent, comme l'indique OUEST FRANCE : celle de l'accident et celle de l'attentat. i« Panne ou terrorisme ? » nterroge également LE JOURNAL DU DIMANCHE, tandis que LE PARISIEN DIMANCHE évoque « l'ombre de DAECH derrière le crash » . De fait, la revendication de la branche égyptienne du groupe Etat Islamique laisse songer à un attentat. Le lieu de l'accident est d'ailleurs situé dans un bastion des terroristes. Mais la Russie, comme l'Egypte, réfutent cette hypothèse, préférant celle de la défaillance mécanique. Selon les spécialistes militaires, l'avion aurait disparu des radars quand il était à 9.000 mètres d'altitude. Or les djihadistes ne disposent pas de missiles pouvant porter à une telle distance. Du reste, d'après les médias russes, l'équipage aurait fait appel aux services techniques de l'aéroport de Charm el-Cheikh à plusieurs reprises au début de cette semaine, en signalant des difficultés de démarrage du moteur. Le quotidien britannique THE INDEPENDANT rappelle d'ailleurs la tragique chronologie des crashs de la flotte russe. Ces vingt dernières années, elle a subi vingt accidents mortels, coûtant la vie à plus de 1.300 personnes. Mais, dès lors, que penser de la revendication du groupe terroriste ? Un groupe qui, d'après un expert questionné dans le JDD, « n'est pas coutumier des revendications mensongères » . Eh bien sans doute faut-il la prendre au sérieux, estime le PARISIEN, en estimant que s'il s'agissait en effet d'un attentat, le groupe Etat Islamique aurait alors franchi « une nouvelle étape dans sa stratégie d'hystérisation du conflit syrien. En conséquence, la Russie pourrait décider de s'impliquer encore plus fort, en envoyant des troupes au sol, et peut-être avec l'aide des Iraniens. Tout serait alors en place pour une escalade dangereuse » , conclue le quotidien qui, au passage, fait état des conséquences à craindre pour le tourisme en Egypte. Ces derniers mois, plus d'un millions de Français ont renoncé à partir pour les pays du grand Maghreb, mais avec la Russie, l'Egypte avait trouvé une nouvelle clientèle. Le crash d'hier devrait briser cette dynamique. L'ombre du groupe Etat Islamique continue de planer également sur le double attentat qui s'est produit à Ankara il y a maintenant trois semaines. Sauf que cette fois, le groupe ne l'a pas revendiqué. Mais le président Erdogan le lui a attribué. Le président truc, qui joue son avenir ce dimanche. Des élections anticipées cinq mois après avoir manqué la majorité absolue. Toute la presse raconte un pays qui a désormais basculé dans une situation quasi insurrectionnelle, notamment à cause du conflit ravivé avec le parti d'opposition kurde. LE MONDE prévient aujourd'hui que « Les Kurdes sont prêts à la guerre contre Erdogan » . Confirmation dans le JDD, qui évoque « la peur de la guerre au fond des urnes » ... LE JOURNAL DU DIMANCHE, qui offre par ailleurs ce titre étonnant à sa Une : « En marge de l'affaire 'Air Cocaïne', la juge fait surveiller les téléphones de Sarkozy » . Titre accrocheur, titre intrigant... Pourquoi donc le nom de l'ex-chef de l'Etat apparaît-il dans cette affaire qui a fait les gros titres de la presse cette semaine ? Est-il lié, de près ou de loin, à la fuite rocambolesque des deux pilotes condamnés à vingt ans de prison en République dominicaine ? Réponse : non. Absolument pas... Dès lors, est-il lié au trafic de drogue dont sont accusés lesdits pilotes depuis deux ans ? Là encore, réponse : non. Absolument pas... Mais c'est bien cette seconde question qui a, semble-t-il, motivé les investigations menées par la juge marseillaise en charge du dossier... Selon les informations de Laurent Valdigué, cette dernière, l'an dernier, a demandé aux policiers de la brigade financière la géolocalisation de deux téléphones portables de Nicolas Sarkozy, pour les mois de mars et avril 2013. Pourquoi ces mois-là ? Parce que la découverte des 700 kilos de cocaïne a eu lieu à Punta Cana le 19 mars 2013. Et parce que l'avion dans lequel la drogue a été retrouvée, un Falcon 50 appartenant au lunettier Alain Afflelou, cet avion avait été réservé pour un vol Paris-Bordeaux deux jours plus tard, réservé pour le compte de Nicolas Sarkozy. La juge voulait donc savoir si celui qui s'était alors retiré de la vie politique avait, ou pas, des liens avec cette affaire qui a pris le nom d'Air Caraïbe. Et dans le plus grand secret, elle a par ailleurs exigé les fadettes des deux téléphones de l'ancien président, et ce, sur une période d'un an : toute la facturation, avec les numéros entrants, comme les numéros sortants... Et tout cela pour quel résultat ? Néant : les policiers n'ont rien trouvé du tout. Aucune implication de Nicolas Sarkozy dans le trafic de cocaïne. Tout juste ont-ils relevé que celui-ci appelait régulièrement six numéros de portable... En l'occurrence : celui de sa femme, celui de sa belle-sœur, celui de son attachée de presse, celui de son garde du corps, celui de l'associé de son cabinet d'avocat, et celui d'Arthur, l'animateur-télé. En clair, si l'on résume : l'enquête du JDD révèle qu'une juge a enquêté sur Sarkozy, mais que l'enquête n'a rien révélé… Mis à part qu'il appelle sa femme, sa belle-sœur et Arthur, l'animateur-télé... On imagine toutefois qu'en découvrant ce volet de l'affaire, les amis politiques du chef de l'opposition ne manqueront pas de faire savoir que l'on a là la preuve d'une justice qui ne cesse de le persécuter. Et qui aura le prochain Goncourt ? Là également, c'est une question qui pourrait figurer dans les entretiens d'embauche chez APPLE. Le prix sera remis mardi, ils ne sont plus que quatre en lice... Et, pour l'occasion, L'OBS s'est amusé à établir le profil-type des bouquins lauréats des prix littéraires ; Goncourt, Femina, Renaudot, Médicis... Lisez, c'est réjouissant. Vous verrez que les prix récompensent avant tout des hommes, et que les héros des livres primés sont eux aussi, principalement des hommes. Et que font-ils, ces héros des livres primés ? A une forte majorité, ce sont des artistes. Puis viennent les militaires, les commerçants et les agriculteurs. Toutefois, ces derniers temps, c'est un autre héro qui cartonne en librairie : en l'occurrence, l'intestin... Trois livres consacrés au sujet sont sortis depuis quelques mois, comme le souligne TELERAMA dans une prose très imagée : « Jadis mal-aimé, cet organe fait souffler un puissant vent éditorial... Je pète, donc je suis : l'intestin, notre second cerveau, est le siège d'un nouveau cogito. » « Je pète donc je suis » : j'avoue que je ne pensais pas lire un jour une telle phrase dans TELERAMA.

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