Calais et la grosse colère de Xavier Bertrand

"Il ne faut pas abuser de notre patience !" C'est le message que veut faire passer l'ancien ministre du Travail à nos voisins anglais dans le JDD. Des voisins qu'il trouve bien négligents dans leur lutte contre l'afflux de migrants à Calais, dans des conditions on le rappelle précaires et dangereuses. Pour Xavier Bertrand, l'Angleterre doit avant tout se rendre moins attractive : "Cessez votre dumping social et mettez de l'ordre dans votre réglementation du travail illégal !"

Une exigence qu'il assortit de possibles sanctions : "Que les Anglais bougent, ou il faudra bouger la frontière" . Car pour Xavier Bertrand, le noeud du problème c'est le fait que la frontière soit aujourd'hui à Calais, "avec une micro-aide britannique". Du coup, "si les Anglais ne veulent rien entendre", il faudrait selon lui faire traverser la Manche à la frontière, pour l'établir à Douvres... "On sait quelle est l'attitude des Italiens qui laissent remonter les migrants vers la France. Que l'Angleterre n'oblige pas la France à faire la même chose", menace Xavier Bertrand.

Un coup de gueule en forme, aussi, d'argument de campagne à quelques mois des régionales. "Je sais bien que ce dossier n'est pas dans les compétences de la région, mais je m'en moque éperdument ! Je n'ai pas l'intention de rester cantonné dans les seules compétences régionales", lance celui qui a d'ailleurs tout juste rejoint cette nouvelle région, puisqu'il est député-maire en Picardie, qui vient d'être rattachée au Nord Pas de Calais par la réforme territoriale.

"Les gens votent avec leurs pieds, en s'éloignant"

Autre interview dans le JDD, celle de Bruno Gollnisch, l'un des derniers "anciens" du Front national, qui à l'heure où ce dernier se proclame "premier parti de France" affirme au contraire que le parti est victime d'une "spirale délétère" et d'une chute fulgurante du nombre d'adhérents : de 83.000 à 52.000 en moins d'un an , selon lui. La faute au drame familial qui se joue au sein de la famille Le Pen, devenu un véritable repoussoir : "Même si l'appareil, moi inclus, ne conteste pas Marine Le Pen, les gens votent avec leurs pieds, en s'éloignant." Le député européen enfonce le clou : "Marine Le Pen est une femme de caractère, maisil faut qu'elle démontre aussi son aptitude au compromis : toute expression d'une position différente de la sienne n'est pas une agression à son encontre..."

Être un paria en politique, ça fait quoi ?

L'Obs (dans sa version papier) dresse un passionnant portrait croisé de responsables mis au ban de la politique. Pas question ici de s'intéresser au fond, au "pourquoi" de ces exclusions plus ou moins brutales, on décortique ici les mécanismes de l'humiliation collective, des bûchers médiatiques et des lapidations symboliques...

Thomas Thévenoud, par exemple, "jeune député que l'on promettait à une carrière fulgurante", "jeté dans le cercle des bannis de la République" pour ses impôts impayés. L'ancien secrétaire d'État qui rappelle qu"il n'a ni compte en Suisse comme Cahuzac, ni maison à Saint-Martin comme Balkany, ni casier judiciaire comme Cambadélis : "j'ai fait une connerie mais je n'ai pas volé un radis d'argent public"... Et pourtant : Thomas Thévenoud raconte l'humilation publique, et les messages glaçants , comme celui reçu sur Twitter le jour du suicide de Jean Germain, l'ancien maire de Tours : "Thévenoud, quand auras-tu autant d'honneur que Germain ?" ou encore ce mail brutal et pourtant signé par son auteur : "Salut racaille Thévenoud, je ne peux que souhaiter découvrir un jour, avec une immense joie, dans les journaux, les photos de ton fatal accident de voiture, où tu mettras des heures à te vider de ton sang avec le volant de ta voiture inséré dans ton thorax". En le relisant à voix haute, le principal intéressé éclate de rire devant le journaliste de L'Obs : "on ne sait pas trop s'il veut nous apitoyer ou s'il trouve réellement ça drôle".

Jérôme Lavrilleux, lui, ne rit pas (pas encore) de son passage dans cette "vallée de la mort" de la politique. Exclu de sa famille politique pour avoir dénoncé ses amis dans l'affaire Bygmalion, il n'en veut pas aux juges : "je ne supporte pas ceux qui parlent d'acharnement, de justice partiale. C'est faux." Mais il a un souvenir douloureux de l'emballement médiatique après ses aveux. "Avec les chaînes d'info, on a sombré dans une folie furieuse", raconte le député européen. Une éditorialiste se demande même un jour publiquement s'il n'est pas l'amant de Bastien Millot, un autre protagoniste de l'affaire. "En temps normal, ça m'aurait fait éclater de rire. Mais là, j'étais en train de préparer une corde. Et puis j'ai reçu les SMS de deux journalistes. Dans l'un d'eux, il était écrit : le soleil sera là demain matin. Ils ne le savent pas, mais ils m'ont sauvé la vie ".

Quant à Jérôme Cahuzac, il a gardé une rancune tenace envers les journalistes. Il refuse de rencontrer le reporter de L'Obs, mais lui conseille de lire "La Route antique des hommes pervers" de René Girard, avec ce commentaire : "Sa lecture devrait être obligatoire dans les écoles de journalisme... Le mimétisme du troupeau est terrible pour celui qui en est l'objet". Et le journaliste de conclure : "du paria au héros, la frontière, croient-ils, est plus ténue qu'il n'y paraît".

Le retour de Jack et de DSK

Dans Le Monde, Marion Van Renterghem décrypte l'énigmatique retour de l'ancien dirigeant socialiste , depuis son fameux "Jack is Back" sur Twitter. Un retour "un brin fantasmé", qui doit beaucoup à son côté énigmatique. "Avec ce tweet du 21 juin, DSK a gagné sur un point : prouver qu’il connaissait par cœur le système médiatique et qu’il savait en jouer." Avec quel objectif et quel résultat, il est encore trop tôt pour le dire. Le Monde estime ainsi que "le vague regain de popularité de Dominique Strauss-Kahn révèle sa capacité peu commune à se montrer pédagogue sur la complexité de l’époque. Il présage moins un « retour », totalement fantasmé, qu’il ne traduit l’état d’un paysage politique dévasté et d’un électorat en désarroi".

Faut-il lever le pied pour mieux respirer ?

Le Parisien s'intéresse ce matin aux conséquences de notre vitesse sur la route, pas pour notre sécurité, mais pour notre santé... "Plus la vitesse est basse, moins il y a d'émissions et de pollution" , résume le maire de Valence. C'est d'ailleurs son principal argument pour demander une vitesse réduite sur la portion de l'autoroute A7 près de sa ville : il voudrait voir passer la limitation à 90 km/h. Il faut dire que le centre-ville de Valence est à moins de 300 mètres de la route des vacances.C'est peut-être d'ailleurs le véritable problème, pour Christiane Bayard de la Ligue de défense des conducteurs : pour elle, la vitesse des automobilistes ne serait pas mise en cause si l'on instaurait "des axes de contournement". Bref si on ne veut pas polluer les poumons des habitants,la première étape c'est déjà de ne pas construire d'autoroute près de chez eux ... CQFD.

Jack l'éventreur était-il journaliste ?

Une histoire lue dans le Parisien et qui va peut-être me faire regarder mes confrères d'un autre oeil : il semblerait que l'un d'entre nous soit en fait Jack L'Éventreur. C'est un chirurgien britannique à la retraite qui a peut-être fait une incroyable découverte : il affirme que la dernière victime du tueur, Mary Jane Kelly, serait en fait sa grand-tante, et qu'elle aurait été assassinée par son mari, un certain Francis Spurzheim Craig. Il aurait ensuite tué quatre autres femmes pour tromper les enquêteurs et les orienter vers la thèse du tueur en série plutôt que celle du crime passionnel.

Il faut dire que le bonhomme s'y connaissait :il était journaliste dans le quartier de Whitechapel , et spécialiste des faits divers... Il avait même couvert l'affaire en tant que reporter ! Comme quoi à l'époque la folie médiatique pouvait avoir un tout autre sens.

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