Bonjour à tous…. Le territoire français n’est plus un sanctuaire. Un commando présumé d’ETA, dont les trois lettres signifient « Pays Basque et Liberté », a tiré de sang-froid hier, à Cap Breton, sur deux gardes-civils espagnols. Le premier, âgé de 24 ans, est mort sur le coup, au volant de sa voiture, sur le parking du Centre Leclerc. Le second est soigné à l’hôpital Saint-Léon de Bayonne, mais le pronostic vital, pour ce jeune militaire de 23 ans, reste selon les responsables hospitaliers très très réservé. Le journal SUD-OUEST DIMANCHE, dans toutes ses éditions, consacre évidemment beaucoup de place à l’évènement et décrit sur 5 pages, « une rencontre peut-être fortuite entre des terroristes et des policiers espagnols chargés de filature dans un véhicule immatriculé en France. » Michèle Alliot-Marie dans sa version des faits présentée aux journalistes de terrain hier matin, a expliqué que « les policiers espagnols se trouvaient sur notre territoire dans le cadre d’une coopération habituelle avec la police française. Il s’agissait, a-t-elle dit, d’une mission purement de renseignement. Il semble même, ajoute-t-elle, que la rencontre entre les gardes-civils et les terroristes ait été fortuite. » SUD-OUEST DIMANCHE précise, toujours sur la foi du ministre de l’Intérieur, que les deux groupes, terroristes et gardes civils, ont d’abord discuté à la cafétéria de Cap Breton, avant de sortir et de se disputer franchement, éclats de voix, coups de feu, et départ précipité vers le nord des agresseurs des gardes qui ont pris une jeune femme en otage, avant de la relâcher un peu plus loin dans un bois en Gironde. Voilà pour les faits auxquels s’ajoute le déclenchement du plan Epervier, avec les 200 gendarmes français mobilisés dans le grand Sud-Ouest, afin de retrouver si possible les trois membres du commando dont la fuite vers le nord en direction de Bordeaux a pu être prouvée et confirmée. Reste évidemment les réactions d’indignation des défenseurs de l’Etat de droit en France comme en Espagne. Parmi elles, SUD-OUEST DIMANCHE relève les commentaires parallèles de François Fillon et de José Luis Zapatero, réactions auxquelles le journal a ajouté le point de vue de Batasuna. Batasuna qui ne condamne pas, mais qui veut se comparer au Sin Field irlandais, et aussi à Nelson Mandela, pour inviter le gouvernement espagnol a aller aux racines du mal et considérer que les Basques ont bien le droit de décider de leur avenir. Voilà pour la gauche basque radicale. Gauche et droite basque et espagnole en jugent évidemment tout autrement, et se promettent de manifester puissamment contre l’ETA, lundi et mardi prochain à Madrid. SUD-OUEST DIMANCHE, relève encore les questions d’Henri Emmanuelli, député des Landes et de Jean-Pierre Dufau, maire socialiste de Cap-Breton, qui aimeraient bien être informés tous les deux, des dangers potentiels existants dans leur département. Henri Emmanuelli déplore à cet égard que Madame Alliot-Marie n’ait pas voulu le rencontrer hier. « Soit, dit-il, je poserai les questions adéquates en d’autres lieux… » Entendez à l’Assemblée nationale. Le rédacteur en chef de SUD-OUEST DIMANCHE précède les interrogations futures du député des Landes quand il demande dans son éditorial, si « le crime d’hier est une fin d’histoire ou une nouvelle déclaration de guerre. » « Il faut malheureusement, écrit le chroniqueur, bien admettre que très longtemps la France n’a considéré les luttes au Pays Basque, qu’avec les yeux romantiques de ceux qui croient au juste combat. Il n’est pas très loin le temps où ceux qui exécutèrent (en 69) le tortionnaire Manzana par exemple, étaient considérés comme des guerriers légitimes. » « Si peu à peu cette idyllique vision d’une lutte issue de la république espagnole, finit par devenir obsolète, il demeurait à l’esprit français que la violence, le sang, les attentats ne sauraient être commis sur notre sol que par des milices barbouzardes, mais jamais, jamais par les combattants d’Euskadi. Ce qui restait d’illusion, poursuit mon confère de Sud Ouest, a été balayée, et il n’est pas innocent que cette drôle de rencontre, terminée en drame sur un parking hier, soit également affaire de génération. » Mais il faut se poser une question : qui aujourd’hui possède, chez les jeunes militants radicaux basques, la conscience historique des militants d’hier, y compris les plus durs, ceux qui les guidaient dans leurs actions jusqu’à la fin des années 90 ? De jeunes terroristes, qui sont-ils d’où viennent-ils… jeunes terroristes qui ont tiré à bout portant sur de jeunes gardes espagnols ? Evidemment la nouvelle fait cinq pages dans le journal, et elle fait la Une de tous vos journaux régionaux ce matin. Mais nous sommes le 2 décembre, et ironie de l’histoire, c’est cette date qu’ont choisi deux grands démocrates, si l’on peut dire, le Russe Vladimir Poutine et le Vénézuélien Hugo Chavez pour se risquer chacun à des élections plébiscitaires dans leur pays. Courrier International le souligne très bien en écrivant qu’à « Caracas comme à Moscou, il s’agit en réalité de deux coups d’Etat. » On a connu ça nous aussi en France. C’était avec « Badinguet » Louis Napoléon Bonaparte, Napoléon le Petit qui, s’appuyant sur l’armée, renversa le 2 décembre 1851 la république qu’il présidait, pour instaurer le Second Empire. Victor Hugo a dit ce qu’il fallait sur ce sujet. Courrier international publie d’intéressants points de vue sur « le proto-dictateur Chavez et le nouvel Ayatollah, Vladimir Poutine. » L’hebdomadaire y ajoute l’analyse passionnante d’un politologue bulgare, qui met lui aussi en parallèle Chavez, Poutine, et leurs drôles de démocratie, qui entretiennent tous les deux l’illusion du pluralisme, illusion qui évidemment passe par un contrôle stricte des médias et de l’information. Chavez le fait avec une dictature de gauche, Poutine sur une idéologie souverainiste droitière Et le politologue de Courrier International de citer à cet égard un aphorisme selon lequel, gouverner en Amérique Latine, à Cuba Comme à Caracas, revient à tenir le violon avec la main gauche et jouer avec la droite. Entendez qu’on se fait élire sur un programme de gauche et qu’on gouverne à droite. Et chez nous, me direz-vous, violon ou pas violon ? Voyez là-dessus le JOURNAL DU DIMANCHE qui analyse dans le détail la méthode Sarkozy, et précède cette analyse d’un titre à demi-surpris : « La méthode Sarkozy fonctionne encore » avec un « oui, mais » du socialiste Julien Dray qui commente : « Moi je ne vais pas critiquer Nicolas Sarkozy que je connais bien, mais il ne pourra pas être toujours être partout ». Quant aux personnes interrogées, vous trouverez leurs réponses dans le sondage Ifop que publie le JOURNAL DU DIMANCHE, elles balancent un petit peu. A la question « Est-ce que Nicolas Sarkozy sait où il va ? Est-ce qu’il poursuit une politique à long terme ? 57% des personnes interrogées répondent « Mais oui mais oui, il sait où il va. » Je vous laisse prendre connaissance de ce sondage dans le JOURNAL DU DIMANCHE de ce matin.

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